Italie: Le cardinal Martini demande à l’Eglise plus d’attention pastorale face à l’euthanasie
Rome, 22 janvier 2007 (Apic) Le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque émérite de Milan, a appelé l’Eglise à « plus d’attention pastorale » face à la question de l’euthanasie et de la fin de la vie.
Le cardinal italien s’est exprimé dans un entretien accordé au quotidien italien « Il Sole 24 Ore », le 21 janvier 2007. Il était interrogé sur le cas de l’Italien Piergiorgio Welby, atteint d’une dystrophie musculaire et décédé le 20 décembre dernier, après, qu’à sa demande, son respirateur artificiel ait été débranché. Le diocèse de Rome avait alors refusé à sa famille des obsèques religieuses.
Les cas comme celui de Welby « seront toujours plus fréquents » et « ’Eglise devra leur donner plus d’attention pastorale », a expliqué le cardinal Martini. Selon lui, il est nécessaire du point de vue juridique d’élaborer des normes de tutelle pour les médecins et les patients « sans que celles-ci impliquent d’aucune manière la légalisation de l’euthanasie ». Et le cardinal Martini de donner en exemple la législation française.
Selon lui, la loi française sur les droits du malade et la fin de la vie votée en 2005 semble avoir trouvée un équilibre qui, s’il n’est pas parfait, a au moins été capable de réaliser un consensus dans une société pluraliste. Pour l’ancien archevêque de Milan, cette loi consent d’une part de reconnaître la possibilité du refus (informé) des soins, s’ils sont retenus disproportionnés par le patient, et de l’autre protège les médecin d’éventuelles accusations, comme celles d’homicide ou d’aide au suicide, sans que ceci implique la légalisation de l’euthanasie.
Pas d’acharnement thérapeutique
Le cardinal a aussi observé que les nouvelles technologies qui permettent des interventions toujours plus efficaces sur le corps humain demandent un supplément de sagesse pour ne pas prolonger les traitements quand ils ne profitent plus à la personne.
« Il est de grande importance, dans ce contexte, a ajouté le cardinal italien, de distinguer entre euthanasie et acharnement thérapeutique, deux termes souvent confondus ». Le point le plus délicat est que pour fixer si une intervention médicale est appropriée, on ne peut pas en appeler à une règle générale, mathématique, de laquelle déduire le comportement adéquat. Mais un discernement attentif qui prend en considération les conditions concrètes, les circonstances et les intentions des sujets concernés, est souhaitable, a encore estimé le cardinal Martini.
« Il est de la responsabilité de tous d’accompagner celui qui souffre, surtout quand le moment de la mort est proche. Mais il serait peut-être plus correct de parler non pas tant de suspension du traitement (et encore moins de débrancher la machine) mais de limitation des traitements », a conclu le cardinal Martini en insistant sur l’importance des soins palliatifs. (apic/imedia/hy/be)
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