Rome: Jean-Paul II avait consulté le cardinal Ratzinger sur la question de sa démission
Rome, 23 janvier 2007 (Apic) Se posant la question de sa démission lors du Jubilé de l’an 2000, et même avant, lorsqu’il sentait la maladie de Parkinson le gagner, Jean Paul II avait consulté le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. C’est ce que confie le cardinal Stanislaw Dziwisz, l’ancien secrétaire particulier du pape polonais, dans son livre «Une vie avec Karol», à paraître le 24 janvier.
«En ce qui concerne le problème de la démission, je voudrais rappeler que, déjà avant l’an 2000, Jean Paul II s’était posé la question de savoir si, de façon analogue à ce que Paul VI avait établi pour les cardinaux de plus de 80 ans (*), le pape aussi n’était pas tenu de renoncer à sa charge au jour de ses 80 ans», confie ainsi le cardinal Dziwisz dans la version italienne de son livre publié par la maison d’édition Rizzoli. Le pape se demandait donc, comme il l’écrivait dans son testament, si n’était pas venu le temps de répéter avec Siméon dans la Bible, «nunc dimittis» (servum tuum, Domine), c’est-à-dire les paroles du vieux Siméon après avoir vu l’enfant Jésus: «Maintenant Seigneur, tu peux laisser ton serviteur s’en aller».
«Pour cela, le Saint-Père décida de consulter ses plus proches collaborateurs, parmi lesquels le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi», poursuit l’ancien secrétaire particulier de Jean Paul II dans son livre. Après avoir réfléchi et examiné les textes de Paul VI sur la question, le pape «fut convaincu de devoir se soumettre à la volonté de Dieu, c’est-à-dire de rester jusqu’à ce que Dieu le souhaite», explique-t-il encore.
«Dans le même temps, Jean Paul II avait aussi établi une procédure spéciale pour donner sa démission dans le cas où il n’aurait pas pu accomplir son ministère de pape jusqu’à la fin», poursuit le cardinal polonais. «Toutefois, il voulut accomplir la volonté de Dieu jusqu’au bout, acceptant la croix qu’il voulait porter, à l’exemple du Christ, jusqu’à la fin de sa vie», ajoute-t-il.
Dans la partie de son testament spirituel rédigée entre le 12 et le 18 mars 2000, qui fut publié juste après sa mort en avril 2005, Jean Paul II écrivit que «selon les desseins de la Providence, il m’a été donné de vivre dans le siècle difficile qui s’en va vers le passé et, maintenant, en cette année où l’âge de ma vie rejoint quatre-vingts ans, il faut se demander s’il n’est pas temps de répéter avec le Siméon de la Bible ’Nunc dimittis’». AR/AMI
(*) Paul VI établit en 1970 que les cardinaux âgés de plus de 80 ans ne participeraient pas au conclave et ne seraient de ce fait pas éligibles. (apic/imedia/ar/ami/be)
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