Appel aux Eglises pour qu’elles s’engagent dans cette crise

Guinée: Les chefs religieux ont rencontré les syndicats

Conakry, 24 janvier 2006 (Apic) Le leader syndicaliste Sy Savané, dirigeant et membre de l’Ustg (Union syndicale des travailleurs de Guinée), a rencontré mardi à Conakry, (Guinée) une délégation du Conseil chrétien de Guinée, avec notamment l’archevêque de Conakry, Mgr Vincent Coulibaly, pour l’Eglise catholique, et le dirigeant de Eglise anglicane» Mgr Albert Gomez, indique l’Agence Misna.

«Nous leur avons demandé un engagement plus dynamique de l’Eglise dans cette crise», qui a fait encore de nouvelles victimes, a indiqué le leader syndical. La presse guinéenne faisait état mardi de deux civils tué par les «bérets rouges», la garde présidentielle, un à Enta et un à Bambeto, deux quartiers de Conakry.

La répression de la massive manifestation de lundi, condamnée par l’Onu, l’Union africaine et l’Union européenne, avait déjà fait au moins 30 tués et 150 blessés. Aucune solution n’a encore été trouvée à cette crise et la situation semble paralysée: leaders syndicaux et de la société civile, ralliés par la majorité de la population, veulent que le président Lansana Conté quitte le pouvoir qu’il détient depuis 24 ans. Le président, âgé et malade, ne semble pas vouloir lâcher prise et continue de mobiliser ses forces de l’ordre contre les contestataires.

Le leader syndical affirme encore que la porte du dialogue reste ouverte, au terme de cette nouvelle journée de grève générale, entamée le 10 janvier dernier.

«Nous lançons un appel à l’opinion internationale pour sauver notre peuple en péril. La Guinée vit ces jours-ci une situation très dangereuse et nous avons déjà eu trop de morts et de blessés» s’est encore insurgé Sy Savané, contacté à Conakry.

Les bilans que donnent actuellement les sources hospitalières font état d’une trentaine de morts, dont 4 enfants, et quelque 150 blessés pour la seule journée de lundi. Depuis le début de la grève générale le 10 janvier, le nombre de victimes s’élève à une quarantaine. Mais les manifestations de début de semaine n’ont pas fait changer d’avis le président Lansana Conté.

Le rôle de l’armée?

«Nous allons nous réunir aujourd’hui (réd: mercredi) avec les autres leaders syndicaux pour décider de la marche à suivre» poursuit Sy Savané, «mais désormais, ce ne sont plus les syndicats qui organisent les manifestations, c’est le peuple qui agit spontanément, parce qu’il en a assez de cette situation et veut un changement au pouvoir».

Dans diverses préfectures, assure encore l’interlocuteur de Misna, la population a poussé les autorités locales, gouverneurs et préfets, à abandonner leurs bureaux et leurs fonctions. «A l’exclusion du centre de Conakry, le pays est en train de se retrouver sans autorité».

La position de l’armée guinéenne reste encore confuse. Elle n’a pas ouvertement pris la défense du président – les répressions des manifestations ont en effet été menées par la police, la gendarmerie et une partie de la garde présidentielle – mais «vu qu’elle n’est pas venue au secours du peuple, restant les bras croisé, nous la considérons complice du pouvoir» estime Sy Savané.

Déclenchée il y a 13 jours comme forme de protestation contre les ingérences du pouvoir dans le système judiciaire et contre la cherté de la vie, la grève générale s’est transformée en mobilisation nationale pour réclamer le départ du président Conté et de son entourage. (apic/misna/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/guinee-les-chefs-religieux-ont-rencontre-les-syndicats/