Nouvel An pour les uns, jour de deuil pour les autres.

Monde musulman: Achourah célébré lundi 29 janvier

Dakar, 29 janvier 2007 (Apic) En Afrique l’achourah est une fête. Sur ce continent, comme à travers le monde, les musulmans sunnites la célèbrent dans la joie. Tandis que pour des millions de chiites, l’Achoura est un rite qui commémore la mort violente de Hussein, le troisième imam du chiisme, tué en 680 par la dynastie sunnite des Omeyyades.

L’Achourah (le dixième en arabe), qui intervient le 10e jour du mois musulman de Moharram, est le point culminant du deuil des chiites qui, chaque année, revivent de façon souvent passionnelle la mort violente, après sa défaite à Kerbala, de Hussein, petit-fils du prophète Mahomet.

Les fidèles commémorent dans l’expiation et la douleur le martyre de leur imam, en ce jour le plus sacré pour les chiites: vêtus de noir, ils se frappent la poitrine avec le plat de la main ou le dos avec des chaînes, dans des processions mortuaires, en scandant «oh Hussein». Certains se flagellent, tandis que d’autres s’entaillent la peau du crâne avec des sabres.

Il y a un an, plus de trois millions de fidèles du monde entier ont participé en Irak à la commémoration de l’Achourah à Kerbala, à 110 km au sud de Bagdad, qui abrite le mausolée de l’imam Hussein, selon les autorités locales.

A l’origine, l’Achourah est une période de jeûne facultatif de deux jours instituée par le prophète Mahomet, mais sa commémoration est devenue le fondement de l’identité des chiites. Scission de l’islam orthodoxe, le chiisme est né d’un conflit politico-religieux à propos de la succession du Prophète. Une minorité de musulmans, souhaitant que la succession du Prophète soit assurée par ses descendants, refusant cet arbitrage qui a fait que le gouverneur de Damas, Mouawiya, constituent les «partisans d’Ali», l’origine du mot chiite en arabe. Ali est assassiné en 661. Son fils Hussein poursuit son combat, jusqu’à la bataille de Kerbala qui voit la victoire des armées du calife Yazid. Les villes de Najaf et de Kerbala, en Irak, où reposent Ali et Hussein, sont les deux lieus saints les plus importants du chiisme.

Fête de deuil ou fête de Nouvel An, Achourah signifie encore, pour d’autres musulmans, le premier jour du départ en exil du prophète Mohamet de la Mecque à Médine. Pour d’autres encore, la fête de al Achourah salue la «libération définitive du peuple d’Israël du joug de pharaon et de son armée engloutie par les flots». Moïse fut sauvé en ce jour, ainsi que les enfants d’Israël, contre les agissements de leurs ennemis. Par reconnaissance envers son Seigneur, Moïse jeûna ce jour.

Les musulmans sunnites célèbrent Achourah dans la joie à travers le monde. En Afrique comme partout ailleurs, c’est un rituel festif. Au Sénégal, depuis le 27 janvier, les télévisions font des reportages dans les marchés. A Dakar et dans de nombreuses autres régions du nord et du centre, les familles préparent, pour le dîner du 29 janvier, le couscous, en abondance. Les journaux d’autres pays d’Afrique noire et du Maghreb ont rapporté le même engouement et la même effervescence pour Achourah.

En revanche, pour les chiites, Achoura est un jour de « deuil ». Elle marque l’anniversaire du massacre de Karbala en l’an 61 de l’Hégire. «C’est un jour de tristesse et de consternation», déclare Muhamad Aly Aïdara, président de l’institut Mozdahir international (IMI). (apic/ag/ibc/vb)

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