Les insupportables « caricatures qui défigurent la charité »
Rome, 31 janvier 2007 (Apic) Le cardinal Roger Etchegaray a présidé une messe en mémoire de l’abbé Pierre dans la soirée du 30 janvier à Rome.
Lors de la messe célébrée dans l’église romaine de Saint-Louis-des-Français, le vice doyen du collège des cardinaux a évoqué la figure du prêtre décédé le 22 janvier dernier à Paris (France), à l’âge de 94 ans, et qui, selon lui, ne pouvait pas supporter « les caricatures qui défigurent la charité ».
« Ces jours-ci, tout a été dit et écrit sur l’abbé Pierre, avec une généreuse sympathie », a commenté le cardinal Etchegaray au cours de son homélie, devant une trentaine de prêtres et quelques 150 fidèles dont une dizaine d’ambassadeurs. Le prélat a cependant souligné que si le fondateur de la communauté Emmaüs « a pu trouver aux portes du paradis quelque revue de presse », il « a dû bien sourire en se voyant affublé de tant d’épithètes, dont aucune ne réussit à pénétrer le fond de son âme ».
Le cardinal français a aussi rappelé qu’il avait été souhaité à l’abbé Pierre, à la veille de son ordination sacerdotale, d’avoir « l’anticléricalisme des saints » et que cette « paradoxale alliance » avait fait « le charme et le tourment de ceux qui le côtoyaient ».
Pour le cardinal Etchegaray, l’abbé Pierre était « une âme sans alliage, une âme d’acier trempé dans un unique amour à double face : Dieu et les hommes ». Il ne pouvait pas supporter « les caricatures qui défigurent la charité » comme un « simple dépannage sans souci de remonter aux causes », un « brevet de bonne conscience pour ceux qui se font complices des injustices sociales » ou encore une charité « transformant les uns en bienfaiteurs et les autres en assistés ». « Les malfaçons de la charité sont si nombreuses que le mot même est suspecté, démonétisé », a encore souligné le cardinal français. C’est pourquoi, « il a fallu que le pape Benoît XVI écrive une encyclique de réhabilitation », Deus caritas est.
Parmi les fidèles, dans l’église nationale des Français à Rome, se trouvait Graziano Zoni, président d’Emmaüs-Italie. Les textes de la liturgie de la messe étaient ceux choisis par l’abbé Pierre lui-même en vue de la messe de ses obsèques. Ces dernières ont été célébrées dans la cathédrale Notre-Dame de Paris le 26 janvier dernier. (apic/imedia/ami/pr)
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