« Reprendre « Donum vitae » pour répondre à ces progrès
Paris, 31 janvier 2007 (Apic) Mgr Angelo Amato, actuel secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, vient d’annoncer dans le quotidien « Avvenire », qu’un nouveau document pour répondre aux progrès biomédicaux était en cours de préparation.
Dans une interview accordée au quotidien catholique français « La Croix », Stéphane Bauzon, spécialiste de bioéthique et expert scientifique au Comité national de bioéthique d’Italie, trace les grands domaines que pourrait aborder une nouvelle instruction qui doit reprendre « Donum vitae » et sur laquelle travaille le Vatican
Le 22 février 1987, la Congrégation pour la doctrine de la foi, sous la houlette du cardinal Ratzinger, l’actuel pape Benoît XVI, publiait l’Instruction « Donum vitæ ». Pourquoi revenir sur ce thème? Depuis vingt ans, relève Stéphane Bauzon, la science biomédicale a fait de nombreux progrès qui soulèvent d’autres enjeux éthiques. Le clonage en est le meilleur exemple. « Pour cette raison, Benoît XVI a chargé ladite Congrégation de préparer une ’mise à jour’ de cette instruction ».
Stéphane Bauzon ne pense pas qu’il s’agisse là d’une nouvelle orientation théologique: « La perspective posée par Donum vitæ reste intangible: Le don de la vie que Dieu, Créateur et Père, a confié à l’homme, impose à celui-ci de prendre conscience de sa valeur inestimable et d’en assumer la responsabilité. Ce principe fondamental doit être placé au centre de la réflexion, pour éclairer et résoudre les problèmes moraux soulevés par les interventions artificielles sur la vie naissante et sur les processus de la procréation ». En résumé : la vie de l’embryon humain doit être respectée, au nom du « droit inviolable de tout être humain innocent à la vie ».
Que peut alors apporter une seconde instruction? « Il s’agit de voir comment les nouvelles techniques biomédicales peuvent mettre en cause le respect de l’embryon humain. La définition de l’embryon comme personne dès la conception devrait certainement être confirmée, relève l’interlocuteur de « La Croix ». Selon lui, cette approche « médicale » a pourtant été en partie remise en cause par certains théologiens catholiques, qui préféreraient considérer comme donnant l’identité humaine la fusion des gamètes qui intervient après la conception – ce qui ouvrirait la possibilité au diagnostic génétique préimplantatoire.
Le spécialiste de bioéthique avance encore que seront aussi examinées les nouvelles techniques de clonage qui peuvent créer un embryon dit « agamique », c’est-à-dire réalisé sans l’union de gamètes masculins et féminins. « Vraisemblablement, le statut ontologique de cet embryon sera déclaré identique à celui d’un embryon humain. Puisque le clonage dit « à des fins thérapeutiques » passe par la destruction de l’embryon agamique, il est illicite pour l’Eglise ». Et d’assurer que le clonage à des fins de reproduction sera certainement condamné comme niant le don de vie entre deux époux. Avant d’estimer que la sélection d’embryons pour combattre une maladie génétique (pouvant éventuellement aider la thérapie d’un frère porteur de la maladie) sera certainement critiquée, au nom du principe qu’il est toujours illicite de faire du mal, même finalisé vers un bien. (apic/cx/idg)
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