Suisse: 25 ans de l’Archevêché orthodoxe de Suisse
Genève 6 février 2007 (Apic) Le patriarche oecuménique Bartholomé 1er a terminé sa visite de trois jours en Suisse, du 2 au 4 février. Il est retourné à Istanbul, pour vivre le Carême avec les chrétiens orthodoxes turcs.
La septième visite du patriarche en Suisse depuis 1995 correspond au jubilé de l’Archevêché grec-orthodoxe de Suisse. Comme à Strasbourg, le patriarche a abordé à Genève d’épineux problèmes. A Strasbourg, devant le Parlement européen, il a soulevé l’absence de la question de la liberté religieuse dans les tractations en vue de l’adhésion de la Turquie à l’Europe. Ankara continue à s’opposer à toute reconnaissance de droit public aux Chrétiens et aux Juifs. Le président turc Sezer a refusé sa signature à une nouvelle loi qui devait au moins leur garantir le droit de propriété dans le Bosphore ainsi qu’une libre disposition des lieux de culte, des écoles, des hôpitaux et des homes pour personnes âgées.
Les 25 ans de la création de la «Métropolie Helvetia» grecque orthodoxe, dont le nom est forgé sur celui de la Confoederatio Helvetica, était la raison officielle de la visite de Bartholomé.
Pendant longtemps, la Suisse relevait du diocèse métropolite d’Autriche. Vienne avait déjà reconnu sous le règne de l’empereur les Eglises orthodoxes et garanti en 1967 au Patriarche de Constantinople l’autorité sur les Bulgares, Roumains, Russes et Serbes vivant dans les territoires autrichiens, alors que la Suisse ne reconnaissait que les réformés, les catholiques et les catholiques chrétiens, toutes les autres Eglises étant des associations de droit privé. Les orthodoxes n’y sont donc pas reconnus de droit public.
La vacance dans la métropole de Suisse
Grâce au métropolite oecuménique de Suisse, Damaskinos Papandreou, ami personnel du Pape Benoît XVI, les quelque 150.000 orthodoxes suisses ont obtenu une Métropole. Papandreou a joué un grand rôle dans le dialogue de l’orthodoxie avec les Chrétiens occidentaux et orientaux, avec les juifs, les musulmans et avec les autres religions du monde. Il a préparé le concile réformateur de l’ensemble des milieux orthodoxes. Depuis 25 ans il a entretenu des relations avec la métropole de Suisse.
La métropole de Suisse compte essentiellement des orthodoxes grecs vivant en Suisse alémanique et dont le siège est à Zurich. L’ensemble de l’administration de l’Eglise est à Chambésy. Makarios Pavlidis, ancien responsable de la diaspora allemande, avait été choisi comme évêque auxiliaire pour la partie alémanique. Il y a quatre ans, suite à un accident, Damaskinos Papandreou a dû prendre sa retraite. Depuis, le patriarche Bartholomé dirige la métropole de Suisse et assume toutes les tâches religieuses concrètes. Cela explique les visites régulières du Patriarche Bartholomé en Suisse. Il n’a honoré les Confédérés de sa présence qu’une seule fois dans les années 90. C’est déjà la septième fois qu’il vient à Zurich et à Genève depuis 2002.
Problèmes en Suisse
Bartholomé a été confronté aux problème suivants: vieillissement des évêques, des prêtres et des diacres, dû au fait que le fonctionnement des institutions de formation théologiques du Patriarcat à Chalki (Turquie) est entravé par l’Etat depuis 36 ans. En plus, il y a des difficultés avec les vieux-catholiques: d’un côté, la reprise du dialogue orthodoxes – vieux-catholiques à Berne sous l’égide de l’évêque allemand Vobbe, d’un autre, les prêtres catholiques chrétiens et leurs paroisses qui, par protestation contre l’ordination des femmes et l’invitation faite à tous les chrétiens de participer à la table de la Sainte Cène, veulent devenir orthodoxes. Il est particulièrement épineux qu’en Suisse de telles conversions ne soient pas encore réglées par une convention comme c’est le cas en Allemagne depuis 1999. Un manque de collaboration dans les différentes Eglises orthodoxes de la diaspora est aussi évident: seuls deux prêtres, un Russe et un Serbe, ont participé au jubilé en Suisse.
Réactivation de la commission suisse pour le dialogue
A l’intérieur de l’orthodoxie de grandes divergences se manifestent quant à l’oecuménisme. Près de la moitié des Eglises orthodoxes ne partagent pas l’orientation d’ouverture aux autres chrétiens et aux religions du monde, telle que la propose le patriarcat oecuménique. Pour marquer son attachement au rapprochement des Eglises, Bartholomé 1er a nommé, dimanche à Chambésy, le secrétaire général représentant du Conseil oecuménique, Georges Lemopoulos, «Hieromnimon», équivalent d’un camérier papal (Monsignore). Le «Hieromnimon» a pour tâche de surveiller la vie ecclésiastique dans les églises locales.
Mgr Kurt Koch, Président de la Conférence des évêques suisses, a été, en tant que responsable des questions oecuméniques au sein de la CES, informé par le Patriarche que cela n’a rien changé et ne changera rien aux bonnes relations entre orthodoxes et catholiques.
La présidente de la Commission suisse pour le dialogue entre orthodoxes et catholiques, la théologienne fribourgeoise Barbara Hallensleben et le recteur de l’Université de Fribourg, Guido Vergauwen, ont conduit les entretiens avec l’archimandrite grec-orthodoxe Jean Renneteau au sujet d’une véritable reprise de cette importante assemblée, qui ne s’est plus réunie depuis des années. (apic/kipa/hg/gs/job/js)
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