Tchéquie: Mgr Vlk dénonce l’instrumentalisation des archives secrètes en Europe de l’Est
Rome, 9 février 2007 (Apic) Le cardinal Miloslav Vlk, archevêque de Prague, a une nouvelle fois dénoncé «la grave instrumentalisation des matériaux contenus dans les archives des services secrets» dans les pays d’Europe de l’Est. Dans plusieurs pays ex-communistes, la publication des dossiers de la sécurité d’Etat déstabilisent l’Eglise, dont certains prélats sont accusés de «collaboration».
Le cardinal tchèque s’exprimait le 8 février 2007 à Rome en marge du 31e congrès des évêques «amis» du mouvement des Focolari. L’archevêque de Florence, le cardinal Ennio Antonelli, y a pour sa part défendu la position de l’Eglise italienne contre le projet gouvernemental de Pacte civil de solidarité (Pacs). Il a aussi expliqué le point de vue de l’Eglise concernant la peine de mort.
Dans les pays d’Europe de l’Est, «une grave instrumentalisation des matériaux contenus dans les archives des services secrets» est en train d’avoir lieu, a ainsi regretté l’archevêque de Prague, le cardinal Miloslav Vlk, faisant ainsi référence aux récents scandales ayant touché l’Eglise en Pologne. Pour lui, l’événement a été amplifié par les médias qui publient des listes et des rapports qui ont été réalisés par la police des régimes communistes dans le but «de cacher ses propres responsabilités».
Selon le cardinal tchèque, tous les noms qui ont fini dans ces listes ne sont pas ceux de prêtres «collaborateurs». Le nom d’un prêtre interrogé terminait de façon systémique sur ces listes. Pourtant ses déclarations ne peuvent pas être considérées comme une collaboration, a estimé le cardinal.
«Je ne cherche pas à nier qu’il y ait eu des comportements reprochables pour des motifs graves, mais je voudrais inviter les journalistes à ne pas trop amplifier les données relatives aux collaborations», a poursuivi l’archevêque de Prague. Et de regretter que cela soit fait seulement quand les cas concernent l’Eglise, alors qu’il y a des responsabilités dans tous les secteurs.
L’Eglise veut l’abolition de la peine de mort, avec des nuances ?
Interrogé pour sa part sur l’attitude des évêques italiens face à la possible légalisation du Pacs dans la péninsule, le cardinal Antonelli a déclaré que l’Eglise catholique n’imposait pas sa propre conception de la famille, mais faisait des propositions qui s’adressent à la raison, à la liberté et à la responsabilité des personnes de bonne volonté. Pour l’archevêque de Florence, la famille et la stabilité du couple sont en effet importantes pour l’équilibre des personnes et de la vie sociale.
Par ailleurs, au sujet de la position de l’Eglise sur la peine de mort, le cardinal Antonelli a expliqué que l’Eglise soutenait avec force son abolition. L’abolition de la peine de mort semble «conforme à l’Evangile», a-t-il déclaré, et l’Eglise travaille pour l’abolition de la peine capitale.
Néanmoins, citant saint Paul, qui défend l’usage de l’épée contre celui qui commet de graves crimes contre l’homme, l’archevêque de Florence a affirmé qu’il fallait être «prudent» au niveau théorique, pour ne pas assumer des positions «abstraitement totalitaires» menant à une condamnation totale de cette peine. L’Eglise «ne se sent pas de dire théoriquement que la peine de mort pour de très graves délits et dans certaines circonstances est en contradiction avec l’Evangile», a-t-il insisté. (apic/imedia/ar/be)
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