Suisse: Recommandations du Groupe de travail pour la collaboration interculturelle (AGIK)
Zurich, 9 février 2007 (Apic) Les chrétiens ne doivent pas s’engager dans des campagnes politiques contre les minarets, estime le Groupe de travail pour la coopération interculturelle (AGIK), une émanation de l’Alliance Evangélique Suisse. En contrepartie, il attend des musulmans qu’ils respectent la culture chrétienne et s’abstiennent de provocations. L’AGIK estime que cette discussion est une chance pour les chrétiens.
Parmi les chrétiens, dans le cadre de l’Alliance évangélique et des Eglises indépendantes, il y a incertitude sur la manière d’aborder l’islam, affirme Martin Voegelin, directeur de l’AGIK. La déclaration de l’AGIK se veut une incitation à penser et une aide pour s’orienter.
On confond souvent le plan spirituel et théologique de la question de l’islam avec les questions d’ordre politique et social. Motivée par les discussions autour de la construction de minarets à Langenthal, Wangen bei Olten et Wil (SG), l’AGIK a voulu clarifier certaines questions fondamentales.
Une chance pour les chrétiens
Le document de l’AGIK rend attentif à une différence fondamentale dans la manière de penser entre l’Orient et l’Occident, empreint de christianisme: les questions religieuses demeurent, dans cette partie du monde, du domaine privé. Les questions culturelles exigent tolérance, et c’est l’Etat qui est responsable des questions de société.
Cette distinction est étrangère aux peuples orientaux. Chez eux, l’unité de la religion et de l’Etat a de profondes racines, et les questions de société sont déterminées à partir de cette unité. C’est ici qu’il y a une chance pour les chrétiens: une «croyance privée» qui apparemment n’a rien à trouver dans la vie publique devrait être interrogée à partir de l’Evangile
Liberté religieuse, mais pas de provocations
Le document explicite la signification du minaret pour les musulmans et soulève la thématique des cimetières islamiques. Il arrive à diverses considérations: les chrétiens devraient s’engager pour la défense de la liberté religieuse qui ne devrait pas être a priori refusée aux musulmans, même avec le risque de voir se développer un islam militant.
La population suisse, dans sa majorité empreinte de culture chrétienne, devrait être respectée par les minorités religieuses, qui doivent éviter les provocations inutiles. L’AGIK renvoie pour régler ces problèmes à la législation locale.
Des terrains pour une mosquée devraient aussi pouvoir être rachetés par des non musulmans, et a contrario des terrains devraient pouvoir être acquis pour l’établissement de cimetières islamiques.
Le muezzin doit appeler à la prière depuis l’intérieur de la mosquée
Dans le sens d’une «liberté religieuse passive», il faut renoncer à l’appel à la prière pour garantir aux citoyens la liberté, ou alors l’appel devrait être pratiqué à l’intérieur de la mosquée, comme c’est le cas à Genève.
Le Groupe de travail pour la collaboration interculturelle (AGIK), fondé en 2004, est un groupe de travail de l’Alliance Evangélique Suisse. Il est constitué d’entreprises et de professionnels qui sont actifs dans les domaines du travail avec les étrangers et les migrants.
L’Alliance Evangélique Suisse (AES) est un mouvement de chrétiens issus des Eglises réformées cantonales, des Eglises évangéliques libres et d’organisations chrétiennes. Elle se compose de 80 sections locales et d’environ 550 paroisses et de 90 organisations chrétiennes. (apic/com/mdü/js)
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