L’Eglise catholique demeure sur la réserve

Italie: Surprenante adoption d’un projet de loi sur le partenariat de personnes non mariées

Rome, 9 février 2007 (Apic) Après la surprenante adoption d’un projet de loi italienne sur le partenariat de personnes non mariées, l’Eglise a réagi pour le moment avec réserve. «Nous ne nous exprimons pas, tant que nous n’avons pas lu le texte», a déclaré le secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, Giuseppe Betori, selon des sources journalistiques de ce vendredi.

Le Pacs, dont le texte est plus réservé que celui en vigueur dans plus de vingt pays et qui a été laborieusement élaboré après d’âpres négociations entre les parties en présence, a suscité un commentaire réservé de la part des évêques, même s’ils y voient une menace contre le mariage. En ouvrant des droits aux couples non mariés, hétérosexuels ou homosexuels, ainsi qu’aux frères et soeurs et même aux oncles et neveux, le texte veut éviter ce que critique l’Eglise, la dimension symbolique d’un «mariage bis».

Sous les pontificats de Jean Paul II puis de Benoît XVI, la défense de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme est devenue un leitmotiv de l’intervention de l’Eglise, au nom de la morale chrétienne, mais aussi d’une «loi naturelle» qui s’imposerait à tous. Le Pacs, selon le cardinal Georges Cottier, pourrait représenter comme institution de droit public une alternative au mariage, mais il affaiblirait la famille. Face aux difficultés des jeunes qui, pour des raisons économiques, ne peuvent envisager le mariage, l’Etat devrait trouver des solutions sans avoir à modifier le droit ou à créer des nouvelles lois. Tous les problèmes pratiques de partenariat doivent trouver solution dans le droit privé. Il ne faudrait pas accorder un statut légal aux couples homosexuels. Mais les décisions d’existence de chacun doivent être respectées, clame le cardinal Cottier.

«Notre démocratie a besoin d’encouragements, pas de leçons»

Il semble bien, selon les médias italiens et certaines déclarations de diplomates, qu’en réaffirmant le principe «non négociable» de la famille fondée sur le mariage l’Eglise signifie le refus de tout compromis et montre que la «ligne de partage» qui se dessinait ainsi «pèsera inévitablement sur l’avenir de la politique italienne». Pour Romano Prodi, chef du gouvernement et catholique pratiquant, «notre démocratie a besoin d’encouragements, pas de leçons». Sur «les valeurs» et «les droits de la personne» comme sur les autres sujets, «nous écoutons, nous discutons, mais à la fin c’est nous qui décidons», a-t-il ajouté.

Ce qui dérange les politiques italiens, c’est qu’au lieu de donner son avis et de chercher à éclairer les consciences, ce qui est légitime, l’Eglise donne une image d’intransigeance et procède à une virulente attaque du «droit des politiciens à légiférer», affirment différents journaux. Les pressions exercées par l’Eglise sont plus fortes encore que lors des débats sur la législation du divorce et de l’avortement dans les années 1970-1980. Une certaine presse voit dans le ton alarmiste adopté par Benoît XVI pour dénoncer «le relativisme des valeurs», qui a cours aujourd’hui dans les pays industrialisés, le signe d’un impossible dialogue. (apic/com/js)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/italie-surprenante-adoption-d-un-projet-de-loi-sur-le-partenariat-de-personnes-non-mariees/