Rome: Conférence du cardinal Hummes à l’Université pontificale ’Regina apostolorum’
Rome, 9 février 2007 (Apic) Les sectes représentent « un grand drame » pour l’Eglise catholique en Amérique latine, a déclaré le cardinal Claudio Hummes, préfet de la Congrégation pour le clergé, au cours d’une conférence à l’Université pontificale ’Regina apostolorum’, le 8 février. Le cardinal brésilien a par ailleurs défini le style du président Lula comme « plus pragmatique qu’idéologique ».
« Selon le recensement officiel du gouvernement brésilien, et selon des enquêtes d’autres agences au Brésil, 1% des catholiques entrent chaque année dans les sectes », a ainsi regretté le cardinal Hummes lors de l’une de ses premières interventions publiques depuis sa nomination à la tête de la Congrégation pour le clergé. Intervenant sur ’l’état de l’Eglise en Amérique latine’, le haut prélat a indiqué que les catholiques brésiliens représentaient 83% de la population en 1991, 73% en 2000 et 67% en 2005.
Dans ce contexte, le cardinal Hummes a expliqué qu’il ne « s’agissait pas de faire la guerre aux sectes, mais de comprendre pourquoi les catholiques ne sont pas capables de conduire à Jésus-Christ ceux qu’ils ont baptisés ». « C’est comme si notre évangélisation s’était arrêtée en plein milieu », a-t-il déploré.
Le cardinal s’est néanmoins montré confiant pour l’avenir et s’est dit convaincu que la 5e Conférence générale des évêques latino-américains et des Caraïbes, qui se tiendra à Aparecida (Brésil) en mai 2007, trouverait une réponse à la crise. Benoît XVI inaugurera les travaux de cette conférence lors de son premier voyage outre-atlantique.
Lancement d’un plan missionnaire continental organisé
« Je crois que la réunion se conclura par le lancement d’un plan missionnaire continental organisé », a ainsi espéré l’ancien archevêque de Sao Paulo. Chaque paroisse préparera ainsi des groupes de 200 à 300 missionnaires, constitués en majorité de laïcs, qui seront « capables d’aller parler avec des familles fragilisées par la solitude dans les grandes villes, et qui finissent par connaître le Christ diffusé par les sectes ».
Par ailleurs, commentant le style du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, que le pape rencontrera à son arrivée le 9 mai prochain, le cardinal a déclaré qu’il se comportait selon « un style plus pragmatique qu’idéologique ». « Au Brésil, n’oublions pas que le capitalisme est très actif », a-t-il précisé. « On s’est ouvert à la globalisation des marchés, en le payant avec l’augmentation du chômage », a-t-il regretté. Mais, pour lui, ce scénario est inévitable. Car « si on ne s’ouvre pas à l’économie globalisée, nous risquons d’entrer dans la liste des pays oubliés comme Haïti ou comme de nombreuses nations africaines ». (apic/imedia/ar/bb)
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