Suisse: Aide au suicide: Les évêques suisses critiquent l’arrêt du Tribunal fédéral
Fribourg, 13 février 2007 (Apic) Dans un arrêt du 3 novembre 2006, le Tribunal fédéral a admis que les personnes atteintes de troubles psychiques peuvent aussi avoir recours à une assistance médicale au suicide, comme les autres malades. La Commission Bioéthique de la Conférence des évêques suisses (CES) juge « très inquiétant » cet arrêt, mais constate qu’il est « l’aboutissement logique » d’une attitude trop libérale en matière d’aide au suicide en Suisse.
Pour la Conférence des évêques suisses (CES), l’arrêt du Tribunal fédéral (TF) est inquiétant, car chez les personnes souffrant de maladies psychiques, la demande de suicide est souvent l’expression de pathologies psychiques (surtout chez les personnes d’âge gériatrique): il semble à beaucoup de psychiatres que l’autonomie du malade est fortement diminuée, ainsi que sa capacité de discernement.
De toute manière, dit le communiqué de la CES, les professionnels eux-mêmes ne souhaitent pas évaluer de telles demandes d’assistance au suicide. En général, sauf aux Pays-Bas, pays extrêmement libéral dans ce domaine, il n’est pas recommandé d’entrer en matière. Par ailleurs, en Suisse, cela posera le problème de l’intervention d’associations d’aide au suicide, telles que « Exit » ou « Dignitas », dans les hôpitaux psychiatriques. L’arrêt du TF est en ce sens très inquiétant, insiste la CES.
L’autonomie du patient au coeur de l’arrêt du TF
La Commission éthique argumente ainsi: l’arrêt du Tribunal fédéral est en un sens logique. Aujourd’hui, en Suisse, il est impossible d’arrêter une logique implacable dès lors que le processus est engagé sur les bases d’une éthique erronée. « En effet, lorsqu’on met unilatéralement l’accent sur l’autonomie du patient, de manière non critique, on ne voit plus où s’arrêter dans une demande d’aide au suicide qui se réclame de l’autonomie mal comprise ». A terme poursuit le communiqué, il n’y aurait aucune raison de refuser l’aide au suicide aux personnes en bonne santé. « Cet arrêt du Tribunal fédéral est une preuve de l’impasse dans laquelle s’est mise la Suisse. »
Arrêt contraire aux buts de la médecine
En réalité, la dignité de la personne et le respect de sa juste liberté impliquent que l’aide au suicide ne fasse pas partie de l’activité médicale, car elle est contraire aux buts de la médecine. La commission Bioéthique de la CES insiste pour qu’on respecte absolument ce principe fondamental de l’éthique médicale. La solution vraie et humaniste implique un développement des soins palliatifs, quels que soient les coûts engendrés par le respect de la vie des personnes. La vie n’a pas de prix, affirme la Commission. C’est le sens de la profession médicale qui se joue dans ces questions. (apic/com/js)
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