Tanzanie: Réunion de la Communion anglicane divisée sur la question de l’homosexualité
Dar es-Salaam, 14 février 2007 (Apic) Le primat de l’Eglise d’Angleterre et archevêque de Canterbury Rowan Williams tente de sauver l’unité de la Communion anglicane, profondément divisée sur la question de l’homosexualité. Les chefs de l’Eglise anglicane sont réunis jusqu’à lundi prochain 19 février à Jangwani Beach, à une trentaine de kilomètres de la capitale économique de la Tanzanie, Dar es-Salaam.
Les débats, qui se tiennent à huis clos, vont certainement porter en grande partie sur la question de l’homosexualité, du mariage des personnes homosexuelles et de l’accès des femmes au sacerdoce et à l’épiscopat. La tendance anglicane conservatrice est fortement opposée aux milieux anglicans libéraux qui estiment que l’Eglise devrait accepter le clergé homosexuel.
L’Eglise anglicane, qui compte 78 millions de fidèles dans la monde, est profondément divisée entre une aile conservatrice et une aile libérale, notamment sur l’ordination épiscopale des femmes et celle d’évêques ouvertement homosexuels. L’étincelle qui a mis le feu aux poudres a été l’ordination en 2003 de Gene Robinson, une personnalité ouvertement «gay», comme évêque du New Hampshire. Cette décision a semé la discorde au sein de la Communion anglicane.
Les libéraux menacés d’exclusion
Les Eglises épiscopaliennes (anglicanes) aux Etats-Unis, en partie à l’origine de la polémique avec l’ordination de Gene Robinson – sont elles-mêmes de plus en plus divisées sur l’homosexualité. Fin 2006, au moins neuf paroisses épiscopaliennes américaines ont décidé pour cette raison de se séparer de leur Eglise-mère, jugée trop libérale. Elles se sont ralliées au chef de l’aile conservatrice de la Communion anglicane, l’archevêque Peter Akinola, du Nigeria.
Ce prélat demande à la Communion anglicane d’exclure de ses rangs l’Eglise épiscopalienne des Etats-Unis, dont la tendance est considérée comme par trop libérale. Le sommet anglican qui se tient en Tanzanie devrait notamment décider du maintien ou non de l’Eglise épiscopalienne américaine au sein de la Communion anglicane.
La sévère controverse menace de créer un schisme au sein des 38 Eglises nationales faisant partie de la Communion anglicane. Le primat de l’Eglise anglicane est soumis aux fortes pressions des milieux conservateurs, notamment en Angleterre. Là aussi, de hauts dignitaires ont exigé de l’archevêque de Canterbury qu’il empêche l’installation de nouveaux évêques libéraux, sous peine d’anarchie au sein de l’Eglise et de révolte contre son autorité. Les membres de l’aile «évangélique» de l’Eglise d’Angleterre réclament la mise en place rapide de «structures parallèles», afin que leurs fidèles puissent échapper aux évêques libéraux et se mettre sous l’autorité d’»évêques volants» de leur tendance.
Les débats, prévus comme «difficiles», seront décisifs en Afrique, place forte de l’aile évangélique de l’Eglise anglicane. Les primats conservateurs sont également très remontés contre la récente installation de l’évêque Katharine Jefferts Schori à la tête de l’Eglise épiscopalienne des Etats-Unis et première femme à occuper ce poste. Présente en Tanzanie, elle avait publiquement soutenu l’évêque «gay» Gene Robinson et estimé que l’homosexualité n’était pas un péché. Notons que les supporters de la tendance conservatrice venant d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine – connus sous le nom de «Global South» – se sont réunis dans un hôtel, tandis que les anglicans libéraux se sont réunis dans un autre lieu. (apic/bbc/ag/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse