Des parents catholiques excommuniés

Inde: Des prêtres agissent contre la persistance du mariage des enfants

Calcutta, 15 février 2007 (Apic) Des prêtres catholiques indiens ont décidé d’agir contre la persistance du mariage des enfants, une ancienne tradition encore vivace en Inde. Dans certains districts de l’Etat du Bengale occidental, ils ont menacé les chrétiens qui continuent de pratiquer cet acte illégal. Certains parents catholiques ont même été excommuniés, selon la BBC.

Les parents reconnus coupables de tels agissements ne peuvent pas faire baptiser leurs autres enfants et ils sont empêchés de prendre part aux offices religieux. Le mariage des enfants, une ancienne coutume hindoue interdite par la loi en Inde, reste un phénomène assez répandu, en particulier dans les campagnes pauvres.

Les prêtres catholiques du district de Nadia, au Bengale occidental, ont révélé avoir déjà frappé d’interdiction une quinzaine de familles chrétiennes, leur refusant de recevoir les sacrements pendant trois ans pour avoir marié certains de leurs enfants. D’autres ont dû payer des amendes pour avoir commis cet acte contraire à la religion catholique et illégal au regard de la loi.

Mgr Joseph Suren Gomes, évêque de Krishnagar, chef-lieu du district de Nadia, a pris la tête de la croisade contre le mariage des enfants. Il a déclaré que ceux qui avaient été punis pourraient retourner au bercail s’ils se repentaient publiquement. Dans cet Etat du nord-est de l’Inde vivent près d’un million de chrétiens, dont des familles converties dès les premiers temps de l’Empire britannique.

Une vieille tradition qui se perpétue malgré une interdiction légale

Si certains mettent en garde contre ce combat visant à mettre un terme à une vieille tradition bien ancrée dans la société, les prêtres catholiques du district de Nadia disent être confiants du succès de leur combat. Ils estiment qu’ils peuvent convaincre les chrétiens de cesser ces pratiques. Malgré que ce soit interdit par la loi indienne, des milliers de mineurs sont mariés chaque année, particulièrement dans les régions rurales où le taux d’analphabétisme est élevé.

Bien que le Bengale occidental – qui a été gouverné par une coalition communiste pendant près de trois décennies – soit un Etat «laïc», le mariage des enfants continue d’être pratiqué par diverses confessions religieuses.

La loi indienne spécifie que pour pouvoir se marier une jeune fille et un jeune homme doivent être âgés respectivement de 18 et 21 ans, mais certaines familles organisent des mariages d’enfants en très bas âge. Selon le recensement de 2001, 300’000 filles de moins de 15 ans ont donné naissance à un enfant, certaines déjà pour la seconde fois. Elles seraient bien plus nombreuses à l’heure actuelle. Des dizaines de milliers d’enfants sont en effet toujours mariés chaque année, et dès que ces filles ont atteint la puberté, elles ont leur premier enfant. (apic/bbc/be)

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