Colombie: Le gouvernement touché par le scandale de la «para-politique»

Démission du ministre des Affaires étrangères: liens avec les Auc

Bogota, 20 février 2007 (Apic) Le ministre des Affaires étrangères démissionnaire Maria Consuelo Araujo a été lundi la première victime au sein du gouvernement colombien du scandale de la «para-politique» démontrant les liens étroits entre les dirigeants du parti du président Uribe et les puissantes milices d’extrême droite.

«J’ai pris ma décision et je m’en vais du gouvernement. Je m’en vais pour une raison : parce que je ne suis attachée à aucune fonction mais aux résultats obtenus pour le bien du pays», a déclaré au cours d’une conférence de presse le ministre dont plusieurs membres de la famille sont accusés de liens avec les groupes paramilitaires.

Son frère, le sénateur colombien Alvaro Araujo, interpellé jeudi à Bogota, est accusé de «séquestre à des fins d’extorsion» de fonds et de liens avec les groupes paramilitaires. Plusieurs autres membres de la famille de Maria Consuelo Araujo, dont son père et un autre frère, font actuellement l’objet d’une enquête de la Cour suprême.

Cette démission intervient dans le cadre des collusions entre le monde politique et les paramilitaires dévoilées ces dernières semaines. Un mandat d’arrêt international a été émis pour le sénateur Jorge Luis Caballero, qui aurait quitté la Colombie le 12 janvier dernier.

Jeudi dernier, la police avait arrêté sur ordre de la Cour suprême de justice (Csj) 5 parlementaires de la coalition du président Alvaro Uribe, impliqués dans le scandale sur les collusions entre le monde politique et les paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (Auc) récemment «démantelées», du moins sur le plan officiel.

Vague d’arrestation

Il s’agissait de la seconde vague d’arrestations dans le cadre de l’enquête ouverte autour des fichiers contenus dans l’ordinateur de Rodrigo Tovar Pupo, alias Jorge 40, l’un des plus importants commandants paramilitaires de la côte atlantique, mettant en lumière des détournements de fonds publics pour soutenir des activités des paramilitaires.

Avant eux onze personnalités politiques avaient déjà été mises en examen fin janvier par le Parquet général de Colombie, pour leurs liens présumés avec les mouvements paramilitaires. Certains d’entre eux étaient déjà poursuivis par la Cour suprême de justice. Le procureur Edgardo Maya précisait alors que la liste comprenait des sénateurs et des députés, comme Alvaro García, Jairo Merlando et Eric Morris, également de la coalition au pouvoir, et un ancien gouverneur départemental, Salvador Arana, ex-ambassadeur au Chili. (apic/misna/ag/pr)

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