Dans l’entourage du pape, certains sont d’anciens scouts

Monde: 1907-2007: Centenaire du scoutisme

Rome, 22 février 2007 (Apic) Les festivités du centenaire du scoutisme s’ouvrent le 22 février 2007 dans le monde, date du 150e anniversaire de la naissance de son fondateur, le militaire britannique Baden-Powell (1857-1941). Mais qui sont ceux qui, dans l’entourage du pape, se sont frottés au scoutisme?

Les festivités du centenaire du scoutisme culmineront en août prochain, lorsque tous les scouts du monde marqueront le 100e anniversaire du premier camp organisé sur l’île anglaise de Brownsea. Parmi les 400 millions de personnes dans le monde qui sont passées un jour par le scoutisme, quelques-unes d’entre elles font parties des collaborateurs du pape. I.Media, partenaire de l’Apic à Rome, a tenté de savoir ce que le scoutisme avait apporté à certains membres de la curie romaine proches de Benoît XVI.

Le premier des ’scouts du pape’ est certainement son ’porte-parole’, le père Federico Lombardi. Ce jésuite de 65 ans estime que le scoutisme a représenté «une partie fondamentale» de sa formation, l’aidant dans «le rapport avec les autres et l’engagement à servir», et lui donne encore aujourd’hui «du courage pour s’engager». Le père Federico Lombardi se souvient avec plaisir de «belles expériences» comme celle d’une virée à bicyclette, à 15 ans, jusqu’à Oslo, convaincu que cela n’avait été possible que parce qu’il était scout.

Entré dans le scoutisme à l’âge de 11 ans, puis chef louveteau et aumônier, cet homme qui dirige à la fois Radio Vatican, le Centre de télévision du Vatican et le Bureau de presse du Saint-Siège est encore aujourd’hui aumônier national du mouvement des scouts adultes catholiques italiens (MASCI).

L’internationale des scouts

Ancien responsable de la section ’jeunes’ du Conseil pontifical pour les laïcs et ancien organisateur des voyages pontificaux, Mgr Renato Boccardo déclare «avoir trouvé des scouts un peu partout» dans ses déplacements. L’actuel secrétaire général du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican est entré dans le scoutisme à l’âge de 13 ans. Il est redevable de cette «expérience fondatrice» grâce à laquelle il a découvert «l’ouverture aux autres». «Je dois au scoutisme une bonne partie de la découverte de ma vocation», confie-t-il aussi. «Ce n’est pas le mouvement dont on parle le plus dans l’Eglise», note Mgr Boccardo, mais il juge cependant que les différents papes ont fait des «interventions significatives» sur le scoutisme.

Créé cardinal en mars 2006 par Benoît XVI, l’archevêque de Bordeaux, Jean-Pierre Ricard, ne cache pas non plus l’importance du scoutisme dans ses choix de vie. Le président des évêques de France explique dans un livre (*) qu’il peut dater «de façon précise» la naissance de sa vocation sacerdotale, à 14 ans. «C’était au cours d’un camp de Pâques avec les scouts et, après la veillée, l’aumônier (.) m’a demandé si je n’avais jamais pensé à être prêtre», raconte-t-il. Un peu surpris, le jeune Marseillais a alors répondu : «Non, mais je veux bien y réfléchir». Mais «au collège, j’ai eu des professeurs communistes qui nous brocardaient, mes camarades et moi, parce que nous étions scouts», se souvient aussi le cardinal Ricard.

Dans les nombreux bureaux de la curie, on trouve d’anciens scouts. C’est entre autres le cas du père Thierry Blot, qui travaille à la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Ce Français âgé d’une cinquantaine d’années a fait ses débuts dans le scoutisme, il y a quarante ans, comme louveteau, et continue à prêter main-forte à un groupe du scoutisme européen dans une paroisse romaine. «Mon expérience scoute a des répercussions dans ma vie de prêtre», confie-t-il, convaincu que son dernier engagement dans la branche aînée du scoutisme, le ’départ routier’ effectué en 1983, est «une voie de sainteté». Le père Blot insiste aussi sur l’importance de la «cohérence entre ce qui est vécu avec l’uniforme scout et ce que l’on vit ensuite en dehors».

Un garde suisse, ancien scout en Valais

Agé de 25 ans, Cyrille Fauchère effectue son deuxième mandat de deux années au sein de la Garde suisse pontificale. Pour sa part, il a découvert le scoutisme dès 4 ans et, encore aujourd’hui, à distance, il assume des responsabilités dans son groupe scout du Valais, en Suisse. C’est dans le scoutisme qu’il a découvert «la vie en communauté» et constate avec satisfaction les similitudes entre la vie scoute et celle au sein de la garde rapprochée du pape comme «l’engagement, l’uniforme ou la fierté d’effectuer un parcours un peu hors du commun».

Le scoutisme, «une voie vers le développement personnel»

Fondé en août 1907 par le Britannique Lord Robert Baden-Powell lors d’un camp expérimental rassemblant seulement une vingtaine de garçons, le scoutisme est une organisation mondiale et bénévole dont le but est le développement personnel des enfants et des adolescents par une éducation morale, physique, pratique et civique. Le mouvement compte aujourd’hui prés de 28 millions de membres répartis dans 155 pays. Un peu avant 1920, le scoutisme a été ’catholicisé’ par le père jésuite français Jacques Sevin, le professeur belge Jean Corbisier et le comte italien Mario di Carpegna. Baden-Powell, lui, est mort au Kenya en 1941.

Sur la tombe de Baden Powell, au Kenya

Dans la matinée du 22 février, plusieurs milliers de scouts se sont rassemblés sur la tombe de Baden Powell, à Nyeri (Kenya). Ils ont allumé une flamme qui traversera l’Afrique et l’Europe, donnant le coup d’envoi des célébrations du centenaire du mouvement. Puis, des millions de scouts et anciens scouts du monde entier se rassembleront le 1er août 2007 sur toute la planète pour renouveler leur ’promesse’. 40 000 scouts de plus de 150 pays seront également rassemblés en Grande-Bretagne pour un ’Jamboree’ mondial.

Dans un Message transmis en septembre 1998 à l’occasion du 50e anniversaire de la Conférence internationale catholique du scoutisme, Jean Paul II (1978-2005) avait salué ce mouvement qui rend service à la jeunesse «en lui proposant un idéal et en lui donnant le Christ comme modèle de vie humaine parfaitement accomplie et comme chemin vers le bonheur». Dans un message adressé en juillet 2003 aux Guides et Scouts d’Europe réunis en ’jamboree’ européen en Pologne, Jean Paul II avait présenté l’expérience scoute comme un «itinéraire privilégié de croissance spirituelle» et «un chemin de grande valeur pour permettre l’éducation intégrale de la personne».

* Mgr Jean-Pierre Ricard dans Sept défis pour l’Eglise, aux Editions Bayard (2003). (apic/imedia/ami/vb)

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