On en fait plutôt des centres culturels
Genève, 26 février (Apic) En Occident, les Eglises perdent des fidèles et sont sous-utilisées. Les budgets revus à la baisse vont de pair avec une réaffectation de certaines églises. Toutefois, en Suisse, on n’en est pas à ouvrir des discothèques ou des bars dans un ancien lieu de culte.
En Europe, constate Le Temps du 26 février, temples et églises sont transformés en bars, en restaurants, en discothèques. Mais la Suisse, attachée à son patrimoine religieux, résiste. Ses lieux de culte sont cependant volontiers reconvertis en espaces socioculturels.
Ainsi, grâce au soutien de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV), à la Loterie romande et au sponsoring privé, une ancienne église du quartier de Chauderon, à Lausanne s’est muée en Espace culturel des Terreaux, depuis 3 ans. L’Eglise des Terreaux, construite en septembre 1890, et ancien lieu de culte de l’Eglise libre, a été rattachée à l’Eglise protestante du canton de Vaud en 1966. L’église a ensuite hébergé des événements culturels, comme plusieurs éditions du Festival Bach, lancé par l’organiste Kei Koïto. Le nouveau centre culturel a une vocation particulière toutefois puisqu’il intègre de près ou de loin dans sa programmation la dimension spirituelle.
Le Temple St Leonhard à Saint Gall, cité par le quotidien romand a été vendu pour seulement 40’000 francs à un architecte, dans l’intention d’en faire un lieu culturel, selon Simon Weber, le porte-parole de la Fédération des Eglises protstantes de Suisse (FEPS). Mais pour lui, il n’est pas question de céder des temples à d’autres religions. « Nous n’avons d’ailleurs pas de demande dans ce sens, ni des juifs, ni des musulmans, précise-t-il. Mais nous acceptons de louer des temples protestants à d’autres confessions chrétiennes ». Claires recommandations des évêques suisses en cas de réaffectation
Même son de cloches si l’on peut dire du côté catholique. La Conférence des évêques suisses (CES) a émis des directives ou » Recommandations des évêques en cas de réaffectation d´églises ».
Comme l’Apic le précise dans son édition du 27 janvier, les évêques suisses demandent qu’églises et chapelles désaffectées, en raison de leur signification symbolique et liturgique, ne soient pas mises à disposition des membres d’autres religions, d’autres communautés religieuses ou de sectes. D’autres communautés chrétiennes peuvent entrer en considération, comme les communautés orthodoxes qui, souvent, ne disposent pas de lieux de culte. Ainsi l’église St Alban à Bâle est utilisée par l’Eglise serbe orthodoxe.
Mais il est hors de propos de les louer ou de les vendre à des communautés dont le message serait contraire à l’enseignement de l’Eglise catholique. Il est également recommandé de ne pas vendre ces édifices à des entreprises poursuivant des buts commerciaux et en contradiction avec l’éthique chrétienne.
Dans ces « Recommandations » on entend donner des critères de décision aux propriétaires et institutions concernées. On y trouve aussi les prescriptions du code de droit canon ainsi que la description d´un rite de réduction d´un église à un usage profane. Présentant le document en septembre 2006, Mgr Amédée Grab avait rappelé que cette réaffectation d’églises est due au fait que la population bouge, que l’on assiste à une baisse démographique, mais également parce que dans les pays occidentaux, on note une diminution de la pratique religieuse. Ce recul a évidemment des conséquences financières, ce qui entraîne des difficultés pour maintenir tous les lieux de culte.
Pas de désacralisation chez les protestants
« Ce ne sont que des recommandations, avait-il encore ajouté, car en Suisse, en principe, les églises n’appartiennent pas à l’évêque ou à la paroisse canonique, mais à la corporation paroissiale. Et c’est seulement le propriétaire qui peut décider de ce qu’il va faire en cas de désaffection de l’église. Mais les évêques peuvent donner des conseils sur la nouvelle affectation ».
Les protestants eux ne procèdent pas à une désacralisation du lieu de culte car « les temples ne sont pas des lieux considérés comme sacrés » explique Simon Weber. Pour lui, la réticence en Suisse à réaffecter des lieux de culte en bars ou discothèques est liée à la forte présence d’un sentiment religieux – 70% des Suisses se déclarent encore chrétiens », rappelle-t-il. « Les gens manifestent un certain attachement aux lieux de culte même s’ils ne les fréquentent pas. (apic/temps/vb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/suisse-les-reaffectations-d-eglises-restent-sages-1/