Aminata Traoré fustige le néolibéralisme
Bamako, 5 mars 2007 (Apic) Les puissances économiques occidentales «qui encouragent la corruption qu’ils déplorent ensuite» doivent faire preuve de plus de responsabilité, a déclaré le 4 mars Aminata Traoré, écrivain et ancienne ministre de la Culture, durant une Conférence internationale, dans la capitale malienne Bamako.
«Il n’y a pas de corrompu sans corrupteur» a été la riposte de Mme Traoré le 4 mars devant la Conférence internationale sur les «Femmes protagonistes». Elle intervenait à l’encontre de l’affirmation si fréquente selon laquelle les malversations des élites politiques africaines sont la cause des retards dans le développement du continent.
L’ancienne représentante du gouvernement a dressé un bilan négatif de la mondialisation et des politiques néolibérales «qui ont soustrait aux pays pauvres plus que ce qui n’a été donné à la coopération au développement et en particulier de la Banque Mondiale», a-t-elle affirmé, dans un discours ponctué par les applaudissements du public féminin, vêtu de boubous colorés, certaines femmes portant leurs enfants sur le dos.
Aminata Traoré, considérée en Afrique comme une pasionaria des mouvements de lutte contre la pauvreté et contre la mondialisation, a demandé à ce que les institutions financières internationales écoutent la voix de la société civile.
En ce qui concerne les mutilations génitales féminines, l’un des thèmes de la conférence qui rassemble les représentants gouvernementaux de sept pays et quelque 4’000 déléguées de plus de 200 associations africaines, Aminata Traoré a ajouté: «L’excision est un problème, mais c’est notre problème et ce sont les femmes africaines qui doivent l’affronter en premier. Nous ne pouvons pas permettre que les mères soient criminalisées ni que l’on oublie qu’elles aiment leurs filles».
Mutilations génitales minimisées
Pour Mme Traoré, les politiques de privatisation des services, comme les services sanitaires, créent des drames aussi graves, voire plus graves que les mutilations. «En Afrique 700’000 femmes meurent chaque année à l’accouchement ou de problèmes liés à la grossesse à cause du manque d’un vrai système sanitaire» a-t-elle ajouté en soulignant que c’est là l’une des conséquences de politiques fortement conditionnées par le problème du remboursement de la dette étrangère (et de ses intérêts) et de l’application de politiques d’économie de marché sous la pression des organismes financiers internationaux. (apic/misna/vb)
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