Les territoires palestiniens comparés à un ghetto

Allemagne: L’ambassadeur israélien accuse des évêques catholiques de démagogie

Berlin, 7 mars 2007 (Apic) L’ambassadeur israélien en Allemagne, Shimon Stein, a réagi «avec effroi et indignation» à l’appel d’évêques allemands à une séparation totale des territoires palestiniens et d’Israël.

Shimon Stein accuse les évêques, qui ont diffusé une déclaration le 6 mars à Berlin, de «démagogie». «Lorsque l’on utilise des termes comme ’ghetto de Varsovie’ ou ’racisme’, en lien respectivement avec la politique israélienne et palestinienne, alors on a tout oublié, rien appris ou défailli moralement», a lancé le diplomate, ajoutant que l’on ne devait pas diaboliser une partie du conflit ou appliquer deux poids – deux mesures.

Le Conseil central des juifs en Allemagne a réagi vivement à la prise de position des évêques allemands sur le Moyen-Orient. Celui qui met sur le même plan la situation des Palestiniens «et les souffrances des juifs dans les ghettos nazis n’a rien appris de l’histoire. Cette déclaration revêt un caractère antisémite», a affirmé le vice-président Dieter Graumann dans le «Kölner Stadt-Anzeiger».

Le «ghetto de Ramallah»

Une délégation des évêques allemands a visité Ramallah et Bethléem les 2 et 3 mars. Ils ont émis des critiques très négatives à l’égard d’Israël en raison des fermetures de territoires, de la construction du mur de séparation sur le territoire palestinien, des barrages routiers entre les localités palestiniennes et de la construction de colonies. Entre autres, Mgr Gregor Maria Hanke, évêque de Eichstatt, a parlé de «ghetto à Ramallah» et Mgr Walter Mixa, évêque d’Augsbourg, a évoqué une «situation de ghetto». Le cardinal Joachim Meisner, archevêque de Cologne, a fait un parallèle avec le Mur de Berlin et a lancé, devant le mur de séparation, que l’on parquait ainsi les animaux mais pas les humains. Le président de la Conférence épiscopale allemande, le cardinal Karl Lehmann a réaffirmé le droit à la reconnaissance de l’Etat d’Israël et à la sécurité de ses frontières face au terrorisme. Il a cependant exprimé ses doutes sur la nécessité des mesures adoptées actuellement par Israël.

«Des mesures de sécurité forcées et nécessaires»

Selon Shimon Stein, les évêques ne contribuent pas à la réconciliation et à la paix avec leurs points de vue, mais provoquent le contraire en Israël. Et ils n’apportent aucune contribution en vue d’un vrai dialogue entre catholiques et juifs. L’ambassadeur reproche aux évêques allemands de ne pas s’être informés des motifs pour lesquels Israël a dû «adopter des mesures de sécurité forcées et nécessaires», en vue de se protéger du terrorisme. Il estime également que les prélats auraient dû rencontrer les membres des familles des plus de 1’000 Israéliens qui ont été victimes du terrorisme palestinien uniquement du fait qu’ils étaient juifs. «Le droit à la vie a la priorité sur la qualité de la vie. Les évêques ne doivent pas l’oublier, même s’ils sont socialisés autrement», a ajouté Shimon Stein.

Dans une prise de position diffusée le 7 mars, la Conférence épiscopale allemande a pris se distances face aux remarques exprimées par certains de ses membres lors du voyage en Terre sainte. Elle rejette toutefois le reproche selon lequel les évêques se sont exprimés de façon unilatérale et démagogique sur le conflit au Proche-Orient. (apic/kna/job/bb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/allemagne-l-ambassadeur-israelien-accuse-des-eveques-catholiques-de-demagogie/