Rome: Journée de la femme : Qui sont les femmes qui travaillent au Vatican ?
Vatican, 7 mars 2007 (Apic) Au Vatican, si environ 15 % des employés sont des femmes, elles occupent très rarement des postes importants et, en tous cas, aucun poste majeur. Néanmoins, leur nombre augmente lentement dans l’administration du Saint-Siège. A l’occasion de la Journée internationale pour les droits de la femme, l’agence I.Media a rencontré Gudrun Sailer, journaliste et auteur du livre Femmes au Vatican, publié en février 2007.
Journaliste autrichienne de la rédaction allemande de Radio Vatican, Gudrun Sailer propose dans son ouvrage le portrait de 16 femmes travaillant au Vatican. Elle confie avoir voulu faire voir qu’il y a bien des femmes au Vatican et que leur nombre augmente peu à peu. Arrivée il y a 4 ans à Rome, la journaliste a constaté au fil de ses interviews que les quelques femmes qui travaillent au Vatican se dévouent totalement à leur charge, qu’elles semblent apporter quelque chose de plus qui appartient au genre féminin et qui manque dans les différentes Congrégations vaticanes.
La journaliste de 36 ans dresse ainsi le portrait de 16 femmes, laïques ou religieuses, employées par le Saint-Siège. Parmi elles, deux Américaines : la religieuse Judith Zoebelein, travaillant sur le site internet du Vatican, et Mary Ann Glendon, présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales. Cette dernière a été nommée à ce poste par Jean-Paul II (1978-2005) en mars 2004.
Mais à ce jour, la femme occupant le poste le plus important dans la curie romaine est une religieuse salésienne italienne. La soeur Enrica Rosanna a ainsi été nommée sous-secrétaire de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique par Jean Paul II, le 24 avril 2004. Un chapitre de l’ouvrage lui est consacré.
Gudrun Sailer a aussi rencontré Letizia Pani Ermini, qui est à la tête de l’Académie pontificale romaine d’archéologie, Claudia di Giovanni, directrice de la Cinémathèque vaticane, ou encore l’Allemande Barbara Hallensleben, professeur de théologie dogmatique à l’Université de Fribourg (Suisse). Cette dernière fait partie des deux femmes nommées par Jean Paul II en 2004 au sein de la Commission théologique internationale.
Au fil des pages de «Femmes au Vatican», l’on découvre aussi la figure discrète d’Ingrid Stampa, ancienne gouvernante de Benoît XVI, qui travaille aujourd’hui à la Secrétairerie d’Etat. Gudrun Sailer est aussi allée à la rencontre des religieuses bénédictines cloîtrées qui vivent dans le couvent «Mater Ecclesiae», au coeur des jardins du Vatican, ou encore de celles qui ont la charge du standard téléphonique de l’Etat pontifical.
L’ouvrage, en allemand, est publié par la maison d’édition Benno, en lien avec le programme en langue allemande de Radio Vatican. Une version du livre en italien est à l’étude.
Particulièrement plus nombreuses dans des rôles administratifs, ainsi que dans certains Conseils pontificaux (Justice et Paix, laïcs, famille.), les femmes sont absentes, à deux exceptions près, des tribunaux ecclésiastiques. Pour la première fois, en 2004, Jean Paul II avait nommé plusieurs femmes à des postes importants dans la curie. Depuis le début de son pontificat, Benoît XVI n’a effectué aucune nomination équivalente. Cependant, au Vatican, c’est probablement son appartement qui fait figure d’exemple en matière de parité : outre ses deux secrétaires et son majordome, le pape allemand est entouré de quatre femmes, laïques consacrées, du mouvement italien «Communion et libération».
Benoît XVI, qui a récemment salué le rôle précieux des femmes aux premiers temps du christianisme, a aussi estimé en août 2006 que les femmes devaient avoir aujourd’hui, avec les hommes, leur juste place dans l’Eglise. On réfléchit beaucoup sur leur responsabilité dans l’Eglise, avouait ainsi le pape lors d’une interview accordée à plusieurs journalistes allemands.
Notant qu’il existe un problème juridique concernant leur pouvoir dans l’Eglise, Benoît XVI se disait confiant qu’elles sauraient déblayer le terrain grâce à leur élan, leur force, et leur puissance spirituelles. «Nous devrions essayer de nous mettre à l’écoute de Dieu, afin de ne pas entraver ce mouvement, mais au contraire nous réjouir que l’élément féminin obtienne dans l’Eglise la place pleine d’efficacité qui lui convient», déclarait encore Benoît XVI. On compte aujourd’hui dans le monde quelque 460’000 prêtres ou religieux, contre plus de 750’000 religieuses. (apic/imedia/ami/js)
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