Tous les participants au Synode d’octobre 2005 s’y retrouveront

Rome: Mgr Scola, rapporteur du Synode, commente l’Exhortation apostolique du pape

Rome, 13 mars 2007 (Apic) Le patriarche de Venise, rapporteur général du Synode des évêques en octobre 2005, a pris la parole lors d’une conférence de présentation de l’Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis de Benoît XVI, au Vatican, le 13 mars. Reconnaissant le «caractère très positif» de la réforme liturgique post-conciliaire, le cardinal Angelo Scola a néanmoins reconnu les abus qui l’avaient suivie.

Dans son intervention, le cardinal Scola, rapporteur général du Synode des évêques en octobre 2005, a estimé que le nouveau texte du pape était de «grande importance tant sur le plan doctrinal que sur le plan pratique». Quant à Mgr Nikola Eterovic, secrétaire général du Synode, il estime que tous les participants à l’assemblée d’octobre 2005 se retrouveront dans ce document synodal. Le cardinal Angelo Scola a souligné l’importance de mieux équilibrer les dimensions horizontale et verticale de la célébration eucharistique.

Soulignant que le Synode des évêques avait réfléchi de façon très approfondie sur la liturgie, et sachant «combien cette question tient à coeur depuis très longtemps à Benoît XVI», le cardinal a expliqué que l’assemblée n’avait pas voulu masquer «le caractère très positif de la réforme liturgique». Malgré qu’il y ait eu «des abus». Une réforme liturgique comme celle qui a suivi le Concile Vatican II a «besoin de décennies d’aménagement», a encore estimé Mgr Scola.

Pour lui, nous sommes encore «dans une phase de réception doctrinale et d’approfondissement» de la Réforme, «d’un point de vue pratique». Commentant l’Exhortation, le rapporteur général de la 11e assemblée synodale affirme que l’un des aspects «créatifs et géniaux» de l’Exhortation est qu’elle reprend l’indication du Synode: «mieux équilibrer ce qu’on appelle dimension horizontale (le rapport entre les fidèles, ndlr) de l’assemblée eucharistique et dimension verticale (le rapport à Dieu, ndlr)», a aussi déclaré.

Un recours plus normal à la langue latine et au chant grégorien

Au sujet de l’éventuelle libéralisation de la messe tridentine qui pourrait créer des divisions au sein de l’Eglise, le cardinal Scola a expliqué que si «l’action liturgique, dans sa capacité à unifier et dans sa coïncidence entre rite et geste» devenait «un principe de division dans l’Eglise», cela serait «une contradiction». Pour lui, ce que le Synode dit sur le «recours plus normal à la langue latine et au chant grégorien clarifie déjà bien le point de vue de l’Eglise sur le sujet et peut contribuer à assainir d’éventuelles incompréhensions ou difficultés».

«Dans l’histoire de l’usage des rites dans l’Eglise, il n’est jamais arrivé que l’introduction d’un nouveau rite coïncide avec l’abolition du rite précédent», a-t-il précisé. Pour lui, il s’agit donc de faire avancer la communion, de façon équilibrée, en respectant «les indications objectives». «On ne peut pas jeter de l’ombre sur le rite de Paul VI. Ni sur la signification, la valeur et l’importance décisive de la réforme liturgique».

Concernant le célibat des prêtres dans l’Eglise latine, confirmé dans l’Exhortation, le cardinal a expliqué que «le Christ avait vécu sa mission dans la virginité». Pour le pape, «la question n’est pas fonctionnelle», mais a un «caractère objectif, confirmé par le fait que, dans les Eglises orientales de rite catholique, l’évêque doit être moine et célibataire». Cela «manifeste la grande valeur idéale et le lien intrinsèque existant entre le ministère de l’ordre sacré et la virginité vécue dans le célibat, dans le rite latin», a insisté le cardinal. Il est, pour lui, très important «que l’Exhortation ait libéré cette question des problèmes du manque de prêtres au niveau fonctionnel». Par ailleurs, s’exprimant sur l’attitude de l’Eglise italienne face à des projets comme le Dico (Pacs à l’italienne), le patriarche de Venise ne définirait pas l’engagement de l’Eglise en Italie comme «un engagement politique». Pour lui, les déclarations des évêques sur la question du Pacs font «partie de l’enseignement normal du magistère» qui leur revient. (apic/imedia/ar/vb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-mgr-scola-rapporteur-du-synode-commente-l-exhortation-apostolique-du-pape/