Zimbabwe: Le silence du président sud-africain T. Mbeki aggrave la situation dans le pays
Johannesburg/Genève, 15 mars 2007 (Apic) Des responsables d’Eglise d’Afrique du Sud ont déclaré que le silence de leur gouvernement sur les violations des droits de la personne au Zimbabwe aggravait la situation dans ce pays, suite à l’arrestation et au passage à tabac de leaders d’opposition lors d’un rassemblement de prière à Harare.
Le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud (SACC) a condamné la détention par la police zimbabwéenne de responsables d’Eglise et d’opposition, ainsi que de militants de la société civile et des droits de la personne qui participaient à un rassemblement public de prière le 11 mars. En raison de la brutalité de l’arrestation et des violences policières, le leader de l’opposition Morgan Tsvangirai est soigné à l’hôpital pour un possible traumatisme crânien et une hémorragie interne.
A Genève, le pasteur ghanéen Setri Nyomi, secrétaire général de l’Alliance réformée mondiale, qui compte 75 millions de membres, a fermement condamné les violences policières. Morgan Tsvangirai, 54 ans, et 40 autres figures de l’opposition ont été arrêtés lors de la dernière action de répression en date réalisée par les forces de l’ordre du président Robert Mugabe.
Le pasteur Nyomi a déclaré : «Nous sommes extrêmement préoccupés par ce qui se passe au Zimbabwe en ce moment, notamment par l’arrestation des responsables du Mouvement chrétien d’étudiants. Dans n’importe quel pays, l’arrestation et l’intimidation de personnes qui expriment à haute voix les souffrances de leur peuple est absolument répréhensible.» «Nous appelons le gouvernement du Zimbabwe à revenir aux principes d’une bonne gouvernance, de manière à promouvoir le bien-être et la liberté de tout le peuple zimbabwéen,» a-t-il ajouté.
Dans un communiqué publié le 13 mars, le SACC a déclaré : «Nos dirigeants doivent montrer qu’ils sont engagés à aider le peuple du Zimbabwe à trouver rapidement des solutions aux nombreux problèmes auxquels il est confronté.» Le Conseil a également fait part de son inquiétude concernant la vague croissante de répression et de violations des droits de la personne au Zimbabwe.
Le gouvernement du président sud-africain Thabo Mbeki refuse de critiquer le gouvernement du Zimbabwe voisin et déclare depuis longtemps pratiquer une diplomatie silencieuse, approche considérée par les Zimbabwéens en exil comme de la complicité avec le gouvernement Mugabe.
«Nous remarquons avec une profonde inquiétude que les autorités zimbabwéennes cherchent à créer et à exploiter des divisions au sein de l’Eglise du Zimbabwe. Les régimes autoritaires utilisent souvent la tactique du «diviser pour régner» afin de discréditer et étouffer l’opposition véritable,» a déclaré Eddie Makue, secrétaire général du SACC.
Aziz Pahad, ministre adjoint des Affaires étrangères de l’Afrique du Sud, a laconiquement affirmé dans un communiqué du 13 mars: «L’Afrique du Sud exhorte le gouvernement zimbabwéen à garantir que l’Etat de droit soit respecté, en particulier les droits de tous les Zimbabwéens et responsables des divers partis politiques.» (apic/eni/js)
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