Rome: Le cardinal Bravo présidera le Conseil national de la réconciliation au Nicaragua
Rome, 15 mars 2007 (Apic) Le cardinal Miguel Obando Bravo, archevêque émérite de Managua, a été autorisé par Benoît XVI à prendre la présidence du Conseil national de réconciliation du Nicaragua. C’est ce que le cardinal nicaraguayen a déclaré à la presse locale, le 15 mars 2007.
Le pape a « vraiment désiré que nous nous employions à la réconciliation de la famille nicaraguayenne », a déclaré le cardinal Miguel Obando Bravo, archevêque émérite de Managua. Ce dernier prendra la présidence du Conseil national de réconciliation du Nicaragua. Le 10 mars dernier, Benoît XVI avait reçu en audience le cardinal, opposant au régime sandiniste dans les années 1980.
« Il ne s’agit pas d’un travail de parti, mais d’un travail pour la nation et surtout pour ceux qui ont souffert des conséquences d’un conflit », a indiqué dans une déclaration le cardinal salésien qui assure avoir accepté cette charge « à titre personnel ».
C’est le chef des sandinistes de cette époque, Manuel Ortega, réélu président en novembre 2006, qui a demandé au cardinal d’accepter la présidence du Conseil de réconciliation nationale, créé le 30 janvier dernier. Dans ce but, il avait adressé une lettre à Benoît XVI pour que le cardinal Obando Bravo puisse accepter ce poste, malgré l’opposition d’une partie de l’épiscopat du pays.
Une réconciliation spectaculaire entre l’ex sandiniste et le cardinal
Daniel Ortega a retrouvé la présidence du Nicaragua, en novembre dernier, 16 ans après la révolution sandiniste. Il se veut le président « de l’unité nationale, de la paix et de l’amour ». Bête noire de l’Eglise catholique, il a effectué pendant sa campagne électorale une réconciliation spectaculaire avec le cardinal Miguel Obando Bravo, qui lui a alors donné la communion devant les caméras de télévision.
Ardent défenseur de la propriété privée
Certains secteurs politiques anti-sandinistes se méfient en réalité du « repentir » d’Ortega, qui a dirigé la révolution de 1979 à 1990, l’attribuant à une manoeuvre politique. Cependant, pour le vice-président nicaraguayen, Jaime Morales, ex-banquier, dont la villa fut confisquée par les révolutionnaires de Daniel Ortega, la conversion de ce dernier est sincère. « Nous étions des ennemis jurés, mais Daniel a beaucoup mûri. Les sandinistes ont changé », assure-t-il. Le nouveau président, devenu un fervent défenseur de la propriété privée, en appelle aujourd’hui aux entreprises et aux investisseurs étrangers.
« Le pardon, offert et accepté, est une prémisse indispensable pour s’engager sur le chemin portant à une paix authentique et stable », avait pour sa part déclaré le cardinal Miguel Obando Bravo lors de célébrations du 25e anniversaire de la révolution sandiniste, en juillet 2004. A cette occasion, Daniel Ortega lui avait adressé une demande de pardon « pour les offenses passées » faites à l’Eglise. Les catholiques représentent près de 73 % des 5 millions d’habitants du Nicaragua. (apic/imedia/hy/vb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse