Suisse: Représentant des FARC en Suisse – Mise au point du Conseil fédéral
Berne, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a répondu au gouvernement colombien, qui s’est dit « très préoccupé », après la parution d’une interview d’un responsable de FARC résidant en Suisse, dans Le Temps. « Aucun membre des FARC ne bénéficie de privilèges ou d’une immunité » quelconques.
L’interview d’un supposé « responsable diplomatique » des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) résidant en Suisse dans le quotidien Le Temps n’a pas fini d’envenimer les relations entre Berne et Bogota.
La Colombie, par l’intermédiaire de son ministère des affaires étrangères, a invité l’ambassadeur helvétique à Bogota Thomas Kupfer à venir s’expliquer. Ce dernier a répété au vice-ministre colombien des affaires étrangères Camillo Reyes qu’il n’y avait pas sur sol suisse de représentant des FARC reconnu officiellement ajoutant, selon le DFAE.
Réfugié en Suisse depuis 21 ans
L’ambassadeur Kupfer a ajouté que la Suisse est déterminée à prévenir et, le cas échéant, à réprimer sur son territoire tout acte pénalement répréhensible lié au conflit interne en Colombie ». Selon le journal « Le Temps » du mercredi 14 mars, le chef de la délégation diplomatique de la guérilla colombienne des FARC (marxiste) se cache en Suisse. Cet homme, âgé de 35 ans, résidant à Lausanne, s’exprimait pour la première fois.
« On peut dire que j’ai un rôle d’ambassadeur, comme si les FARC étaient un Etat dans l’Etat colombien, mais d’un gouvernement qui n’est pas reconnu. Mon supérieur est Raul Reyes, le n°2 des FARC », ajoutait encore l’homme, venu en Suisse pour la première fois à 21 ans comme réfugié politique. Le site internet des FARC serait par ailleurs hébergé sur des serveurs entreposés en Suisse. Le vice-président Francisco Santos avait déjà formulé ces critiques l’année dernière. Il s’en était également pris à une campagne d’affichage de deux ONG suisses (Pain pour le Prochain et Action du Carême) mettant en cause la protection des droits de l’homme en Colombie.
La rébellion des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) constitue la première guérilla du pays. Les FARC réclament la libération de plus de 500 rebelles emprisonnés par le gouvernement colombien en échange de celle de 57 otages « politiques » sur un total de 1100 otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, détenue par les FARC depuis 5 ans. La Suisse joue, avec la France et l’Espagne, un rôle de facilitateur entre Bogota et la guérilla. Ces trois pays ont appelé le 16 février les autorités colombiennes et les FARC à s’entendre sur l’établissement d’une zone de sécurité pour permettre un échange d’otages. (apic/ag/vb)
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