«La foi ne rend pas imbécile»
Lausanne, 19 janvier 2006 (Apic) Le festival des jeunes de 16 à 30 ans organisé le week-end dernier a pris fin dimanche soir. Les manifestations ont été organisées par le mouvement Fondacio dont la mission est de rassembler les chrétiens dans une vision oecuménique. Compte rendu d’une rencontre qui, dans les locaux de la paroisse Notre-Dame et de l’Eglise méthodiste, a attiré plus de 200 jeunes, tous à la recherche du sens de leur vie.
Sous un soleil printanier, des jeunes viennent de tous les horizons de la Suisse romande. Il y en a même qui arrivent des cantons alémaniques comme Berne. D’autres viennent encore de la France, représentant ainsi la Communauté du Chemin neuf de Lyon, un groupe qui a tissé d’excellentes relations avec le Groupe Fondacio.
Vendredi soir, certains commencent déjà à s’installer dans les enceintes de la paroisse Notre Dame de Lausanne. Samedi matin, ils arrivent déjà en grand nombre, à la surprise générale des organisateurs qui n’attendaient que 170 inscrits.
Au menu figurent des témoignages, de l’amitié, des temps de célébrations, de chants, de danses, de mimes, de gags, de prières, d’adoration, de réconciliation. Les principaux témoignages sont donnés par l’ancien boxeur français Tim Guénard, l’abbé Nicolas Bittet de la Fraternité Eucharistein et Mgr Bernard Genoud. Les 3 intervenants vont tous insister sur les choix de la vie et l’amour du prochain.
Pour Tim Guénard, il n’y a pas de vie heureuse sans amour. Maltraité par son père à son enfance, il affirme qu’il a reçu les coups violents de celui qui aurait dû l’entourer d’amour. «Heureusement, dans le gouffre de ma haine, j’ai rencontré des personnes qui, habitées par l’amour, m’ont mis à genoux dans mon coeur. Grâce à cet amour, j’ai donc pu me remettre debout, ce qui m’a fait réaliser qu’on est jamais perdu même si l’on semble terriblement tordu», confie l’ancien enfant de la rue.
S’exprimant à son tour, l’abbé Nicolas Buttet fait comprendre aux jeunes qu’ils doivent s’efforcer à choisir l’essentiel. Juriste de formation, il affirme qu’il aurait pu mener une carrière financièrement fulgurante. «A un certain moment, dit-il, j’ai compris qu’il fallait consacrer ma vie à Dieu. Comme prêtre. Je ne regrette jamais mon choix.»
L’Eglise dépense énormément au service de l’humanité
Quant à Mgr Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Neuchâtel, c’est un médecin manqué. «J’aimais bien la médecine. Mais j’ai vu que pour moi, l’essentiel était ailleurs. J’ai donc voulu fortifier ma foi en oeuvrant comme prêtre. Je profite de ce festival pour vous affirmer que la foi ne rend pas imbécile», déclare le prélat.
Avec un vif esprit critique, les jeunes accueillent les différents témoignages tout en posant une série de questions liées à la vie de l’Eglise au quotidien. Dans ses réponses à de nombreuses questions Mgr Genoud se montre convaincant, rassurant.
Respecter l’autre dans sa différence
A la fin de la messe, dimanche, des échanges ont commenté témoignages et moments vécus. «J’ai bien aimé le témoignage de Tim Guénard. Il m’a remis en question par rapport à ma façon de parler. On n’est pas toujours conscient de ce qu’on dit et on risque de blesser l’autre sans le savoir. Il fallait rencontrer Tim pour que j’apprenne à respecter mon prochain dans les petits détails», témoigne Guillaume Stouder, 16 ans.
A l’Eglise méthodiste où les jeunes ont échangé des mots d’adieux, Mathias Rambaud du mouvement Fondacio est revenu sur le respect de l’autre dans sa différence. Dieu aime chacun de nous avec ce qu’il a dans sa singularité. Comme pour aider les festivaliers à garder ses mots à coeur, il a remis à chacun «Tu es le Christ», un livre signé par le Père Michel Awit. (apic/dng/pr)
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