Inde: Des Eglises condamnent le recours aux armes par la police qui a tué 14 villageois
Bangalore, 19 mars 2007 (Apic) En Inde, des responsables d’Eglise se sont joints aux protestations contre ce qu’ils qualifient d’utilisation excessive de la force de la part de la police, qui a tiré sur des manifestants, tuant 14 personnes et en blessant de nombreuses autres au cours d’affrontements dans le Bengale occidental, Etat de l’est de l’Inde dirigé par le Parti communiste.
L’évêque Probal Kanto Dutta, à la tête du diocèse de Durgapur de l’Eglise de l’Inde du Nord, situé dans le Bengale occidental, a déploré la situation engendrée par les affrontements qui ont eu lieu le 14 mars à Nandigram. Les villageois avaient bloqué l’entrée aux forces de l’ordre (environ 5’000 hommes) à la jonction de deux cours d’eau.
Les habitants de Nandigram ont empêché la police et des représentants du gouvernement d’entrer dans le village pendant plusieurs semaines après que le gouvernement a annoncé le projet d’acquérir des terrains agricoles fertiles pour permettre la construction d’une usine chimique par un groupe industriel malais.
Eglise consternée
« Ce recours aux armes témoigne de l’arrogance de l’Etat envers les villageois manifestants », a déclaré l’évêque Dutta.
Il s’agit du plus sanglant incident impliquant la police dans cette région, dirigée par les communistes et leurs partenaires de coalition depuis trente ans au pouvoir. Le recours aux armes a suscité de fortes protestations de la part des partenaires de la coalition.
Gopal Krishna Gandhi, gouverneur du Bengale occidental, a fait savoir dans un communiqué que ce qui s’était passé à Nandigram l’avait horrifié. Il s’est demandé s’il n’aurait pas été possible d’éviter ce bain de sang.
Lucas Sikcar, archevêque catholique romain de Calcutta, capitale de l’Etat, a déclaré, quant à lui, que c’est absolument injustifiable. Les gens ont tout à fait le droit d’être entendus avant qu’une décision les concernant soit prise.
Avant Nandigram, la ville de Singur, située dans le même Etat, avait été la scène d’affrontements sanglants avec la police, du fait que le gouvernement de l’Etat ignorait les protestations et acquérait des terrains agricoles destinés à la construction d’une usine automobile de l’entreprise indienne Tata. Mgr Dutta a souligné que l’Eglise ne s’opposait pas aux projets d’industrialisation du gouvernement, mais que la terre est la mère des fermiers et que le gouvernement aurait dû être plus attentif aux sentiments des gens quand il l’a acquise. (apic/eni/js)
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