Zimbabwe: Crise et violations des droits de l’homme au Zimbabwe
Pretoria, 20 mars 2007 (Apic) Mgr Pius Ncube, archevêque catholique de Bulawayo, au Zimbabwe, a dénoncé sur une radio publique sud africaine l’attitude de l’Afrique du Sud vis-à-vis du Zimbabwe, estimant que Pretoria avait la possibilité de « contraindre » le président Robert Mugabe à changer sa politique de répression mais n’en faisait rien.
Selon Mgr Ncube, archevêque catholique de Bulawayo, (sud-ouest du Zimbabwe), l’un des plus virulents critiques du chef de l’Etat zimbabwéen Mugabe, le gouvernement de l’Afrique du sud pourrait contraindre Mugabe à changer « mais ils ne font que regarder (…) c’est maintenant la huitième année que la situation se détériore », a déclaré le haut prélat à la radio publique sud africaine Safm. « Ils sont les mieux placés pour exercer des pressions sur le Zimbabwe, pour réclamer des sanctions si nécessaires ».
La population est déjà extrêmement vulnérable, a-t-il poursuivi. « Mais des sanctions ciblées sur le gouvernement, ou des sanctions rapides pourraient être efficaces, couper l’électricité par exemple, forcerait le gouvernement zimbabwéen à réfléchir rapidement », a-t-il expliqué. Souvent critiqué pour sa « diplomatie trop discrète » vis-à-vis d’un pays accusé de violations répétées des droits de l’Homme, le gouvernement sud-africain assure que ce n’est pas en isolant le Zimbabwe qu’on forcerait Mugabe à changer d’attitude.
Depuis le début de la crise, deux à trois millions de Zimbabwéens, selon les estimations, ont quitté leur pays pour l’Afrique du Sud, puissance économique du continent.
Selon le journal Le Potentiel, de Kinshasa, les autorités zimbabwéennes ont intensifié leurs efforts dimanche 18 mars pour empêcher les membres de l’opposition de quitter le pays.
Porte-parole de l’opposition grièvement blessé par des agents de sécurité
Nelson Chamisa, porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a été grièvement blessé à la tête dimanche par des agents de la sécurité à l’aéroport d’Harare, a déclaré un responsable du parti. Il a été agressé par des hommes, soupçonnés d’être des agents de la sécurité d’Etat alors qu’il se rendait à l’aéroport d’où il devait s’envoler pour Bruxelles. Il devait y participer à une réunion des pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et l’Union européenne. Face à cette situation dramatique, l’Union africaine par la voix du président de sa Commission, Alpha Oumar Konaré, a demandé aux différentes parties en conflit de respecter scrupuleusement les droits humains et les principes démocratiques. A. O. Konaré exhorte « toutes les parties concernées à s’engager dans un dialogue sincère et constructif ».
Les opposants au régime Mugabe, dirigés par Morgan Tsvangirai, sont soupçonnés par une partie de opinion publique zimbabwéenne de rouler pour la Grande Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique, qui n’ont jamais pardonné au président Mugabe d’avoir opéré une réforme agraire au détriment des fermiers blancs, pour la plupart d’origine anglo-saxonne. (apic/ag/allafrica/vb)
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