Relativisme, Europe et identité chrétienne

Italie: Le cardinal Bertone trace les grandes lignes du pontificat de Benoît XVI

Rome, 21 mars 2007 (Apic) Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone, a tracé les grandes lignes du pontificat de Benoît XVI lors d’une conférence organisée dans la soirée du 20 mars 2007, à Milan, par l’association éthique et finance qui réunit banquiers, entrepreneurs et économistes de la capitale économique de l’Italie.

Dans son intervention, il a mis en avant les trois points majeurs du pontificat de Benoît XVI: la lutte contre le relativisme, l’Europe et la défense de l’identité chrétienne. Le cardinal Bertone s’est aussi arrêté sur les quatre voyages à l’étranger que le pape a effectué en 2006. «Selon Benoît XVI, le relativisme est devenu le problème fondamental de la foi de notre époque», a estimé le cardinal Bertone devant la centaine d’invités de l’association éthique et finance et des directeurs de journaux milanais.

S’exprimant aussi sur le thème de l’Europe, il a souligné que Benoît XVI était «convaincu du fait que l’Europe ne doit pas être seulement une réalité économique et politique, mais qu’elle doit aussi s’appuyer sur ses bases spirituelles». Pourtant, a-t-il ajouté, le pape est conscient de l’importance de ne pas tomber «dans l’erreur de construire un catholicisme politique, ni en Europe, ni dans le reste du monde».

Pour Benoît XVI, a aussi souligné le cardinal Bertone, l’Eglise «n’est pas un corps administratif ou de pouvoir», ni «une agence sociale», bien qu’elle fasse «un travail social et supranational». Elle est «un corps spirituel». Le cardinal secrétaire d’Etat a par ailleurs souligné que «l’objectif central du magistère et du ministère» de Benoît XVI était «celui de récupérer l’identité chrétienne dans son authenticité» ainsi que «d’expliquer et de confirmer l’intelligibilité de la foi dans un contexte de sécularisme diffus».

Planète divisée

Le cardinal Bertone a aussi affirmé que «Benoît XVI se trouve face à la situation d’une planète divisée et tenaillée par de nombreux problèmes : le fondamentalisme islamique, l’indifférence des pays aisés, la confusion des sectes, la désorientation causée par la pauvreté du Tiers et du Quart-monde, alors qu’on constate une nouvelle vitalité économique en Orient». Il a aussi abordé la «question de l’oecuménisme». «Avec le monde orthodoxe, à Moscou plus que partout ailleurs, il faut dépasser des anciennes méfiances», a-t-il commenté. «Le primat de la vie est en train de devenir un thème fréquent dans les interventions du pape, du ’non’ absolu à la guerre et à la violence, aux manipulations génétiques et à la condamnation de l’euthanasie, mais émerge surtout la proposition de la vision chrétienne de la famille», a encore affirmé le cardinal Bertone.

Le «numéro deux» du Vatican a ensuite passé en revue les quatre voyages apostoliques que Benoît XVI a effectué à l’étranger en 2006, en Pologne, en Espagne, en Bavière et en Turquie. Il est revenu sur la «phrase équivoque» prononcée le pape «dans son discours à l’université de Ratisbonne» en septembre dernier. «Il a tout de suite été clair» que le souverain pontife «avait développé quelques réflexions sur le thème du rapport entre religion et violence en général, concluant avec un refus clair et radical de la motivation religieuse de la violence, d’où qu’elle provienne», a-t-il rappelé.

C’était la première fois que le cardinal Tarcisio Bertone était invité par l’association éthique et finance. Présidée par le professeur Angelo Caloja, ce groupe de réflexion a déjà invité plusieurs cardinaux, le dernier à avoir pris la parole étant le cardinal Dionigi Tettamanzi, archevêque de Milan. L’association a par ailleurs reçu les présidents italiens Francesco Cossiga (1985-1992) et Carlo Azeglio Ciampi (1999-2006), le chef du gouvernement Romano Prodi ainsi que le Français Jacques Delors, ancien président de Commission européenne. (apic/imedia/ms/pr)

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