Etats-Unis: La Communion anglicane au bord de l’éclatement à propos de l’homosexualité
Londres, 22 mars 2007 (Apic) La Communion anglicane est au bord de l’éclatement en raison des positions divergentes sur l’homosexualité. Les évêques épiscopaliens des Etats-Unis viennent de rejeter vivement la proposition de la Communion anglicane de mettre sur pied une «Eglise parallèle» qui accueillerait les fidèles anglicans refusant l’ordination sacerdotale d’homosexuels déclarés.
La décision des Primats anglicans amène l’Eglise épiscopalienne américaine (anglicane) encore plus près du schisme, note jeudi 22 mars la BBC. L’Eglise épiscopalienne américaine (ECUSA) a ordonné en 2003 Gene Robinson, évêque du New Hampshire, un prélat ouvertement homosexuel. Cette décision controversée a eu pour conséquence le départ de l’Eglise américaine de plusieurs de ses propres paroisses et une remise en question de son appartenance pleine et entière à la Communion anglicane, qui fédère l’ensemble des Eglises anglicanes du monde.
Fin 2006, au moins neuf paroisses épiscopaliennes américaines ont décidé pour cette raison de se séparer de leur Eglise-mère, jugée trop libérale. Elles se sont ralliées au chef de l’aile conservatrice de la Communion anglicane, l’archevêque Peter Akinola, du Nigeria.
L’Eglise américaine réagit avec vigueur à cette tentative de mise au pas
L’Eglise épiscopalienne américaine ne compte que deux millions de fidèles, contre quelque 76 millions appartenant aux autres 38 provinces de la Communion anglicane à travers le monde. La question de l’homosexualité figurait à nouveau à l’ordre du jour du synode des 111 diocèses épiscopaliens du 16 au 21 mars au Centre de conférence de Camp Allen à Navasota, près de Houston au Texas.
Ce synode se tient tous les ans et, en général, il ne porte pas sur des questions controversées. Toutefois, les évêques épiscopaliens américains sont confrontés, cette année, à un ultimatum que leur ont adressé les chefs de l’Eglise anglicane. Les évêques épiscopaliens américains ont jusqu’au 30 septembre pour donner des «garanties», faute de quoi leurs relations avec le reste de la Communion anglicane pourraient être compromises. Elles risquent «pour le mieux» d’être remises en cause. «Cela a des conséquences pour la pleine participation de l’Eglise (épiscopalienne) dans la vie de la Communion anglicane», selon le communiqué des primats anglicans. L’Eglise américaine réagit avec vigueur à cette tentative extérieure de la mettre au pas.
L’ultimatum a été lancé lors d’une réunion des chefs de l’Eglise anglicane en février, près de Dar Es-Salaam en Tanzanie. A cette occasion, les chefs de l’Eglise anglicane avaient adressé un ultimatum à leurs collègues épiscopaliens américains sur le mariage «gay».
La communauté anglicane est depuis quelques années profondément divisée, notamment sur l’ordination épiscopale des femmes et celle d’évêques ouvertement homosexuels. L’Eglise épiscopalienne des Etats-Unis a procédé à des ordinations d’homosexuels au sein de son clergé et à la bénédiction des mariages de couples du même sexe.
L’ECUSA est présidée par l’évêque Katharine Jefferts Schori, la première femme à occuper ce poste. Les primats conservateurs venant d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine n’ont pas apprécié les ordinations d’homosexuels déclarés. Ils estiment que les pratiques homosexuelles sont incompatibles avec les Saintes Ecritures, et en Tanzanie, ils ont décidé de mettre sur pied un conseil pour mener des consultations avec l’Eglise épiscopalienne, notamment sur la question homosexuelle.
Le différend sur l’homosexualité qui les oppose actuellement est en partie dû au fait que l’Eglise épiscopalienne américaine, qui s’est séparée de l’Eglise (anglicane) d’Angleterre durant la Révolution américaine, fonctionne de façon démocratique. En Afrique, en Asie et en Amérique Latine, les Eglises épiscopaliennes sont nettement plus hiérarchisées. Les primats anglicans ont menacé les épiscopaliens de les expulser de la Communion anglicane mondiale s’ils n’acceptaient pas de former une Eglise épiscopalienne parallèle avec un évêque à sa tête pour son aile traditionnelle. Cet évêque serait responsable devant la Communion anglicane. Les évêques épiscopaliens américains ont rejeté cette proposition, la considérant comme «dangereuse et malsaine spirituellement», tout en réitérant leur désir de rester au sein de la Communion anglicane mondiale.
Ils ont souhaité ardemment rencontrer le primat de l’Eglise d’Angleterre Rowan Williams, archevêque de Canterbury. Le chef de la Communion anglicane a rappelé que la doctrine de l’Eglise anglicane a toujours affirmé que les pratiques homosexuelles étaient incompatibles avec les saintes Ecritures. (apic/bbc/vb/ens/be)
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