Les Mennonites renouent avec l’Eglise protestante

Suisse: Année anabaptiste (mennonite) 2007 lancée à Langnau

Langnau, 26 mars 2007 (Apic) L’Année anabaptiste (mennonite) a été lancée officiellement le 24 mars à Langnau, dans l’Emmental, avec une célébration dans l’église réformée. Des manifestations ponctueront toute l’année de commémoration dans ce berceau de l’anabaptisme et dans la région.

L’Emmental sera en 2007 l’année de commémoration du berceau des anabaptistes. Ceux-ci y rendront en effet hommage à leurs ancêtres, persécutés autrefois par les autorités locales. Persécutés au 16e siècle parce qu’ils voulaient une réforme plus radicale que celle de Zwingli, les mennonites rendront hommage à leurs ancêtres durant l’année 2007. A cette occasion ils renouent le dialogue avec l’Eglise protestante. Les anabaptistes espèrent beaucoup de cette année 2007. Les différentes Eglises de la mouvance protestante se sont côtoyées pendant des siècles sans se rencontrer, estiment-ils.

Un Comité »Pro Emmental » ainsi que l’Eglise protestante se sont associés aux célébrations. L’historien et théologien Hanspeter Jecker, président de la Société suisse pour l’histoire des anabaptistes, interviewé par swissinfo, rappelle les points de divergence avec le protestantisme officiel: la question de l’appartenance à l’Eglise, du baptême ou les relations entre l’Eglise et l’Etat.

Le mouvement anabaptiste est né à l’époque de la Réforme, dans le premier quart du 16e siècle. A partir de 1525 à Zurich, d’anciens collaborateurs d’Ulrich Zwingli remplacent le baptême des enfants par celui des adultes. Allant plus loin que Zwingli et critiquant le lien entre l’Etat et l’Eglise, ils revendiquent une Eglise totalement indépendante. Des persécutions contre ces « contestataires » sont lancées dans toute l’Europe. « Là où Zwingli proposait une méthode progressive, les anabaptistes réclamaient des réformes rapides, explique Hanspeter Jecker.

Malgré les persécutions endurées, les anabaptistes (mennonites) sont très proches de l’Eglise réformée, ne serait-ce que par leur origine commune. Sur plusieurs points essentiels de la foi chrétienne, il y a unité entre les deux confessions. « Ce qui est différent chez les anabaptistes (mennonites), c’est que les croyants n’adhèrent pas automatiquement à une communauté, mais manifestent explicitement leur acceptation en la choisissant », explique Hanspeter Jecker. Ils ne laissent aucune instance supérieure régler la manière dont ils formuleront leur foi. Les anabaptistes ne tiennent pas à la célébration des rites, explique Hanspeter Jeker. Par contre, ils beaucoup de temps à témoigner leur foi dans les actes de la vie quotidienne et de mettre en pratique leurs actes et leur foi

Du 7 mai à fin octobre, un sentier historique sera installé à Trub, dans le canton de Berne. Une Semaine internationale aura lieu du 26 au 29 juillet. Deux expositions itinérantes (baptême et violence) seront présentées. D’ici la fin de l’année, quelque 200 conférences, expositions, représentations théâtrales, concerts et excursions seront organisées dans l’Emmental. VB

Encadré

Mennonites, quelques repères

La réconciliation entre mennonites et réformés a commencé il y a deux ans à Zurich avec la une plaque commémorative sur les bords de la Limmat, à la mémoire des anabaptistes qui y furent noyés par les premiers Réformateurs. Les mennonites sont 2200 en Suisse, répartis sur les hauteurs jurassiennes, dans l’Emmental, à Berne et dans la région bâloise. Ils défendent un idéal de non-violence et prônent le baptême adulte.

Paul Gerber, président de la Conférence mennonite suisse, brise un cliché: « l’ouverture à la modernité et au dialogue est aujourd’hui pour nous la règle. Nos enfants vont à l’Université, portent des jeans, arborent des piercings, nos maisons sont équipées de tout le confort ». Les anabaptistes suisses ne vivent pas, comme les Amish de Pennsylvanie ou de l’Indiana, qui roulent en carrioles attelées.

La non-violence est fondatrice de l’identité des mennonites. Ces derniers ont toujours refusé de porter des armes. Les Mennonites sont la branche non-violente des anabaptistes, dont le fondateur fut le hollandais Menno Simmons. Anabaptiste vient de baptême, avec le a privatif. Le baptême se pratique en effet au début de l’âge adulte. A quinze ou seize ans, les jeunes choisissent de faire partie de la communauté en demandant le baptême. (apic/swissinfo/ag/vb)

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