Certains fuient en Suisse sans leurs parents et sans papiers

Suisse: Préserver les droits des enfants réfugiés

Berne, 26 mars 2007 (Apic) Les enfants réfugiés ont particulièrement besoin d’un soutien approprié, surtout s’ils ont fui en Suisse sans l’accompagnement de leurs parents. L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) appelle au respect des droits des mineurs et pose des revendications concrètes.

A l’occasion du dixième anniversaire de la ratification de la Convention des droits de l’enfant par la Suisse, l’OSAR se montre préoccupée.

En effet, suite aux durcissements par la Parlement de la Loi sur l’asile en décembre 2005, l’accès à la procédure d’asile est de plus en plus malaisé pour les requérants d’asile dépourvus de papiers. Or des requérants d’asile mineurs sont eux aussi susceptibles de faire l’objet de non-entrées en matière – et d’être ainsi exclus de l’aide sociale, avec seulement un accès à une aide d’urgence. Or, lorsqu’ils en sont ainsi réduits à l’aide d’urgence, les mineurs devraient bénéficier du soutien nécessaire pour y faire face.

La contestation de la minorité des requérants d’asile est chose courante. «Les méthodes employées par l’Office fédéral des migrations (OFM) pour étayer ses décisions concernant les mineurs sont contestables et contestées», affirme l’OSAR, qui cite des «analyses osseuses et dentaires à la scientificité douteuse». Aux yeux de l’organisme d’aide aux réfugiés, en cas de doute, on devrait présumer que le jeune est bien mineur. Les fonctionnaires compétents devraient être plus largement formés à la spécificité de la situation des requérants d’asile mineurs, estime l’ONG.

«Les mineurs doivent bénéficier d’une assistance judiciaire gratuite par un mandataire qualifié dans le cadre de leur procédure d’asile». Ce n’est pas systématiquement le cas aujourd’hui, déplore l’OSAR. En vertu du code civil, les mineurs non accompagnés devraient bénéficier de mesures de tutelle. La loi sur l’asile a bien prévu d’instaurer des «personnes de confiance» mais dont les prérogatives et les compétences sont mal définies.

Les mineurs, en particulier s’ils sont non accompagnés, doivent pouvoir bénéficier d’un encadrement et de conditions d’hébergement adaptées à leur situation, ce qui est trop rarement le cas. La loi permet la rétention de mineurs dès 15 ans révolus, afin d’assurer leur expulsion, et la durée peut atteindre un an. Il est pourtant en soi intolérable que des mineurs puissent faire l’objet d’une telle mesure, insiste l’OSAR.

Allemagne: L’archidiocèse de Cologne se distancie de l’action d’un de ses prêtres

Il a fait une quête pour construire une mosquée

Cologne, 26 mars 2007 (Apic) L’archidiocèse de Cologne se distancie d’un de ses prêtres qui a fait une quête dans son église pour construire une mosquée. «C’est une initiative paroissiale privée, comprise comme un geste de bonne volonté de catholiques envers la communauté musulmane; il n’y a aucun soutien de notre part», a déclaré le porte-parole de l’archidiocèse de Cologne Stephan Schmidt.

Dans un entretien accordé à l’agence de presse catholique américaine CNS, le porte-parole a relevé que cette initiative avait suscité nombre de discussions, et tout le monde n’était pas content, car de nombreuses paroisses sont elles-mêmes confrontées à de graves difficultés financières. «Nous souhaiterions également de tels gestes envers les chrétiens dans les pays qui comptent une majorité musulmane, comme la Turquie. C’est une question de réciprocité», a-t-il ajouté.

Un prêtre socialement engagé, «bourgeois d’honneur alternatif»

Le curé de la paroisse Saint-Théodore, l’abbé Frank Meurer, a déclaré avoir organisé cette quête avec le soutien unanime de son conseil de paroisse. Il affirme vouloir ainsi renforcer les courants «raisonnables» dans la communauté musulmane et renforcer les liens avec les nombreux musulmans vivant dans le quartier d’Ehrenfeld. Ce prêtre a déjà été honoré du titre de «bourgeois d’honneur alternatif» de Cologne pour son engagement social dans un quartier sinistré qui compte quelque 25% de chômeurs.

L’argent de la collecte est destiné à la grande mosquée prévue dans le district d’Ehrenfeld, au siège de l’association musulmane turque Ditib, à Cologne. La paroisse a récolté à cette occasion près de 2’000 euros.

Cette action a lieu à l’occasion du cinquième anniversaire de l’église paroissiale Saint-Théodore, réalisée d’après les plans du célèbre bâtisseur d’églises Paul Böhm. C’est cet architecte justement qui élabore avec son père Gottfried Böhm les plans de la mosquée d’Ehrenfeld.

Selon des informations de responsables musulmans d’Allemagne, les quelque 3 millions de musulmans vivant dans le pays et originaires d’une quarantaine de pays disposent d’environ 2500 mosquées et lieux de prière de plus petites dimensions. Les responsables musulmans affirment que ces lieux de culte sont également des lieux d’intégration, permettant notamment des cours d’alphabétisation et des services sociaux. Malheureusement, de nombreux imams maîtrisent mal l’allemand et n’ont pas une compréhension suffisante des conditions sociales et culturelles en Allemagne. (apic/kna/com/be)

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