Mgr Ricard donne quelques repères en période électorale

France: Evêques catholiques en Assemblée plénière du 27 au 30 mars

Lourdes, 27 mars 2007 (Apic). La Conférence des évêques de France tient sa 44e Assemblée plénière du mardi 27 au vendredi 30 mars, à Lourdes (Hautes-Pyrénées). Elle est présidée par le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques, qui a tenu un discours d’ouverture rappelant les points de convergence de l’Eglise sur les sujets de société.

Au cours de leur 44e Assemblée plénière, les évêques de France poursuivront leur réflexion et leurs échanges sur les thèmes des groupes de travail, comme «La mission de l’enseignement catholique dans l’Eglise et dans la société». Autre thème: «Catholiques et musulmans dans la France d’aujourd’hui».

Par ailleurs, un an après la parution de l’encyclique Deus caritas est, les évêques ont souhaité entamer, au cours de cette Assemblée, une réflexion sur les enjeux et les défis de la solidarité en France et dans le monde.

Cette Assemblée, la première de l’année 2007, rassemblera 105 évêques. Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, président de la Conférence des évêques de France a tenu, dans son discours d’ ouverture, à rappeler «quelques convictions à l’approche des élections»

Soulignant que dans sa réflexion, «un catholique doit tendre à une cohérence entre ses choix politiques et ses convictions chrétiennes, entre l’approbation d’un programme et la vision de l’homme qui lui vient de sa foi».

Non aux unions entre personnes de même sexe

Puis, Mgr Ricard réitère le «oui» des évêques en faveur de la famille, «cellule de base de la communauté humaine et premier lieu où les hommes et les femmes apprennent la confiance en eux-mêmes et aux autres. «Nous disons oui à la famille fondée sur le mariage d’un homme et d’une femme, ouverte à la procréation. Oui au droit qu’a l’enfant d’avoir un père et une mère. Ce qui «nous fait dire non aux unions entre personnes de même sexe et à l’adoption d’enfants par de tels couples.»

Les évêques disent aussi «oui au développement des soins palliatifs et à la formation d’un personnel soignant qualifié pour cela. Mais «clairement non» à l’acharnement thérapeutique, et non à la reconnaissance «d’un prétendu droit à la mort»

Oui à un plus grand partage du travail et des richesses et non à ce qui favorise l’inégalité grandissante. De même, affirment les évêques de France, les enjeux environnementaux nous questionnent : «quelle planète voulons-nous léguer aux générations futures ? Sommes-nous attentifs aux choix politiques qui favorisent un développement solidaire ? Sommes-nous prêts à modifier notre mode de vie afin de permettre un réel développement des pays les plus pauvres, en particulier en Afrique ?»

Europe: On ne peut accepter la libre circulation de l’argent et refluer les immigrés

Une ouverture sur le monde qui, pour les évêques français est aussi une exigence pour l’Europe. «L’Europe ne saurait se replier sur elle-même». Oui aussi à «un accueil des immigrés, généreux, responsable et respectueux des droits de l’homme. Nous ne pouvons pas accepter la libre circulation de l’argent, des marchandises, des informations et, dans le même temps, barrer la route aux immigrés ou vouloir les renvoyer chez eux», affirment clairement les évêques. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’»il n’y a pas aussi des limites à cette capacité d’accueil» en France.

Dans le domaine de la recherche bioéthique,a poursuivi Mgr Ricard, il faut certes se féliciter des progrès de la science. Mais comment ne pas s’interroger, a-t-il dit en substance, sur les évolutions législatives, qui verraient des comportements, transgressant hier des interdits fondamentaux de notre humanité, devenir tout à coup, dans l’espérance hypothétique d’un progrès thérapeutique, des droits purs et simples ?

Sans «prendre parti» pour aucun candidat, les évêques de France veulent rappeler que «le respect de ces exigences n’est pas compatible avec n’importe quel choix politique». Et de rappeler une note publiée en 2002 par la Congrégation pour la Doctrine de la foi rappelant que «la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en oeuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé (.)» Le cardinal Ricard met aussi l’accent sur le bien commun, en période de campagne électorale française.

Enfin, insistant sur la «noblesse de l’engagement politique», il affirme que les disciples du Christ ne sauraient le déserter. Parce qu’ils se veulent " au service de tous et sans ambition de pouvoir, les chrétiens se sentent à l’aise dans une société démocratique et laïque. Ils lui apportent leur contribution, sans accepter que leur foi soit reléguée dans la «sphère du privé, (apic/cef/vb)

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