Une Journée pas assez célébrée
Rome, 27 mars 2007 (Apic) Dans un édito du 26 mars, l’agence catholique MISNA revient sur la Journée des missionnaires martyrs du 24 mars et constate qu’ »elle est passée quasiment inaperçue », si ce n’est par un message prononcé le 25 mars par le Pape avant la prière de l’Angelus.
Bien peu de souvenirs ont été ravivés pour des femmes et des hommes qui ont été des « signes d’espoirs pour le monde », selon le thème de la journée des missionnaires martyrs, le 24 mars, relève l’agence catholique MISNA, qui consacre plusieurs pages aux missionnaires qui ont quitté le monde de manière tragique en 2006 et au début de l’année.
Le samedi 24 mars 2007, anniversaire de l’assassinat de Mgr Oscar Arnulfo Romero, tué en 1980 alors qu’il célébrait la messe dans la chapelle de l’hôpital de la Divine Providence de San Salvador, a été une journée de mémoire et de célébrations, non seulement dans l’archidiocèse où Romero fut évêque. Cette date a été consacrée à la célébration des missionnaires décédés de mort violente pour leur fidélité à la mission. Oscar Arnulfo Romero a été assassiné pour avoir défendu les pauvres et avoir invoqué la fin de la sanglante répression militaire dans son pays.
En 2006, sur la base des bilans établis par des sources missionnaires, 24 d’entre eux ont perdu la vie. Sans compter les laïcs, précise l’agence MISNA.
Le chirurgien n’a pas voulu prendre le risque de traverser seul la ville de Divo
« Dieu s’est pris le meilleur! » répète don Bernardo Torres , responsable du chemin néocatéchuménal de la paroisse de la Sainte Famille de Nazareth à Divo. C’est dans cette petite localité à 200 kilomètres au nord-ouest d’Abidjan, que dans la nuit du 31 octobre 2006 a été tué le Père Pascal Koné Naougnon. Le Père Pascal, né en 1955 était entré au séminaire en 1990 au Pérou, il y fut ordonné en 1999. En 2003 il rentra dans « sa » Côte d’Ivoire à Divo, important centre de production d’huile de palme. La veille de la Toussaint, continue le religieux, « Pascal a surpris des voleurs entrés dans la cour de la paroisse, ligotant le gardien. Don Pascal a pris une torche pour voir ce qui se passait et il est sorti. Les bandits ont tiré et se sont enfui. Accompagné à l’hôpital en urgence, il n’a pu être soigné , car à minuit, le chirurgien n’a pas voulu prendre le risque de traverser seul une ville où sévissent les « coupeurs de route ». « Au lever du jour, il était trop tard ».
Au Kenya, la vie du Père blanc Martin Addai a été « donnée jusqu’au bout ». « Nous garderons toujours de lui le souvenir d’un homme accueillant, toujours prêt à l’écoute des autres, complice et fraternel »: tels sont les mots du Père Richard Baawobr, vice-supérieur général des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs). Profondément touchés par la perte de ce confrère ghanéen tué dans la capitale kenyane, Nairobi, le 10 mars 2006, par des agresseurs, qui ont bloqué la voiture de la victime, l’ont tué et laissé son corps sur le bas-côté avant de voler le véhicule. Le Père Addai avait été ordonné prêtre en 1990 et avait oeuvré au Mozambique. A Rome, où il obtenait une licence en théologie morale. Après le Canada, de retour au Mozambique il avait enseigné au Séminaire majeur de Maputo avant d’être nommé recteur du Philosophicum d’Ejisu, au Ghana. Puis, à Nairobi, il était nommé recteur du séminaire de théologie.
N’en faisons pas une question liée à l’islam
« Pour l’amour de Dieu, n’en faisons par une question liée à l’Islam, ce n’est pas comme ça. Nous ne voudrions pas que l’on associe ce qui s’est passé à de choses qui ne sont pas exactes, il s’agit du geste d’extrémistes isolés ».C’est ainsi que Soeur Gabriella Bono, supérieure des Missionnaires de la Consolata, contactée dans la maison généralice de Nepi (Viterbe) en Italie a réagi à l’assassinat de Soeur Leonella, tuée par balles. Pendant deux ans, elle a été l’enseignante de jeunes garçons et jeunes filles de Mogadiscio de confession musulmane, dans le respect réciproque de leurs convictions religieuses. Les consoeurs de Leonella – qui gèrent depuis des années l’hôpital ’Sos’ de Mogadisicio (Soeurs Marzia, Annalisa et Gianna Irene) n’ont jamais non plus abandonné la capitale somalienne, pas même durant les phases les plus dures du conflit. Quand bien la communauté internationale s’était retirée de l’ex-colonie italienne, laissant plonger le pays de la Corne d’Afrique dans l’anarchie et le chaos.
En Papouasie Nouvelle Guinée, le28 août 2006, Frère Augustine Taiwa. un missionnaire catholique de la congrégation de Saint Jean de Dieu, rendait son dernier souffle, suite à une agression près de la capitale de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Port-Moresby. Frère Taiwa, 40 ans, originaire de l’île de Nouvelle-Bretagne, a été attaqué alors qu’il conduisait un fourgon de retour au séminaire Xavier de Bonama, où il était coordinateur des cours pastoraux. Un homme sur le bord de la route a lancé une barre de fer sur le véhicule, atteignant Frère Taiwa à la tête ; le missionnaire s’est écrasé contre un arbre.
Colombie : 60 morts et 19 enlèvements parmi les religieux et les séminaristes
En Colombie, fin juin 2006, Frère Luis Alfonso Herrera Moreno, un religieux franciscain de 46 ans, a été tué dans des circonstances obscures dans une zone rurale des environs de Santa Marta, capitale du département de Magdalena. Frère Herrera, économe du collège San Luis Beltrán de Santa Marta, avait disparu mardi 28 juin 2006, après être monté dans sa voiture pour faire quelques commissions; son corps a été retrouvé le jour suivant près de la localité de Bonda et présentait, selon les médecins légistes, de graves contusions provoquées apparemment par des coups de pierre.
Ces 20 dernières années l’église colombienne a payé un lourd tribut de la violence sévissant dans le pays, avec plus de 60 morts entre évêques, prêtres, religieux, missionnaires et séminaristes et 19 enlèvements.[
Poignardé dans son sommeil pour un cambriolage
En Argentine, les obsèques du Père Luis Humberto Montenegro, âgé de 77 ans, curé de l’église de Nuestra Senora de Rosario à La Calera (localité proche de Cordoba, au nord-ouest de Buenos Aires) poignardé dans son sommeil le 28 juin 2006, se sont déroulées le 4 juillet et le prêtre a été enterré à San Francisco del Chañar, d’où il était originaire. La police a arrêté un suspect âgé de 25 ans, qui selon le procureur Dolores Romero Díaz aurait tué le religieux pour ne pas être pris pendant qu’il cambriolait la maison.
Au Brésil, le 31 mars 2006, le Père Bruno Baldacci, 63 ans, prêtre italien, a été tué dans sa paroisse de « Nossa Senhora das Candeias » à Vitória da Conquista, dans l’État de Bahia. Selon les enquêteurs, il aurait été assassiné à coups de bâton par des jeunes qui voulaient apparemment le cambrioler. « C’était un prêtre très aimé de tous, par le clergé comme par la population de Vitória da Conquista ». Le Père Bruno Baldacci, originaire de La Spezia (Ligurie), était depuis 36 ans au Brésil. « Je le connaissais bien, il était très généreux et vivait dans la pauvreté. Il était aussi un professeur de séminaire et un prédicateur très estimé », selon le témoignage du a dit le Père Víctor Menezes, secrétaire national de l’Oeuvre pontificale pour la Propagation de la foi au Brésil.
En Angola, le 9 février 2006, un missionnaire spiritain portugais, le Père Alfonso Moreira, a été trouvé mort, tué dans sa résidence de Bailundo (archidiocèse de Huamba) dans le centre de l’Angola, Le Père Moreira avait 80 ans et se trouvait en Angola depuis une quarantaine d’années. Pendant très longtemps, ont raconté des spiritains de Rome, le Père Moreira a oeuvré seul pendant presque 30 ans dans sa grande mission située dans une zone isolée et difficile d’accès, représentant le seul atout pour les nombreux catholiques de la région, située à environ 600 kilomètres de la capitale. Les circonstances de sa mort n’ont pas été pas élucidées.
Au Burundi, l’abbé Elie Koma, Père jésuite burundais de 59 ans, a été tué par balles dans une fusillade, le 6 février 2006, apparemment entre des malfaiteurs et des agents des forces de sécurité. Le Père Koma est décédé un samedi soir sur la route entre Kanyosha et sa communauté du Lycée du St Esprit de Kamenge, en périphérie de Bujumbura. Père Koma était entré au sein de la congrégation des jésuites en 1967 et était prêtre depuis 1980. Il était depuis trois ans responsable de la nouvelle église des jésuites à Kamenge, l’une des zones les plus pauvres de la capitale.
Ce ne sont que quelques-uns des 24 religieux en mission tués en 2006 . On se rappelle aussi l’émotion suscitée par le Père italien Andrea Santoro – assassiné en Turquie le 5 février 2006 par un déséquilibré, à Trabzon (ancienne Trébizonde). (apic/misna/vb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/monde-missionnaires-martyrs-assassines-en-2006/