Témoignages et comédie musicale, un chant à l’amour

Bulle: Joie et enthousiasme aux Journées Mondiales de la Jeunesse 2007

Jacques Schouwey et Jacques Berset, Apic

La Tour-de-Trême, 1er avril 2007 (Apic) Les locaux du cycle d’orientation (CO) de La Tour-de-Trême, aux portes de Bulle, ont accueilli samedi 31 mars et dimanche 1er avril près de 300 jeunes pour les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) en Suisse romande. Préparation au grand rendez-vous mondial de Sydney en 2008, cette rencontre est une réflexion autour du thème donné par le pape: « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » (Jean 13, 34)

Venus des divers cantons romands – et quelques uns même de Suisse alémanique -, de Formule Jeunes, la pastorale des jeunes du canton de Fribourg, de la Mission portugaise de Genève, du mouvement des Focolari, des communautés nouvelles comme Eucharistein, le Verbe de Vie ou les Béatitudes, près de 300 jeunes se sont donné rendez-vous durant le week-end au CO de la Tour-de-Trême.

Dans une ambiance festive et amicale, ils sont arrivés par petits flots avec leurs bagages, pour vivre deux jours d’intense amitié, de réflexion et de prière. Certains sont des habitués de ces rencontres et se réjouissent de pouvoir à nouveau partager avec les autres leur vécu et leurs espérances.

Journées bien remplies au programme attrayant, les rencontres sont un excellent moment pour redimensionner sa vie et pour se poser la question du sens qu’on lui donne. C’est également l’occasion de rencontrer des gens engagés dans des mouvements de solidarité avec les plus démunis ou des activités missionnaires, qui sont présents avec leurs stands. L’école du CO de la Tour présente aussi le minutieux travail d’élèves qui, sous l’impulsion de leur aumônier André Zamofing et de professeurs de dessin, ont réalisé une Bible, de la fabrication du papier à l’écriture et à l’enluminure du texte. Un véritable chef d’oeuvre.

Deux témoignages émouvants

Répartis en différents groupes, les jeunes ont fait un tournus d’ateliers créatifs; ils ont aussi entendu deux témoignages sur l’amour qui les ont enthousiasmés. Un jeune couple – elle, 22 ans, étudiante à l’Université, et lui, 24 ans, ingénieur – a décrit son parcours, de la plus tendre attirance dès l’adolescence à leur mariage l’an dernier. Si leur couple est épanoui aujourd’hui, il est passé par des phases de crise dues à une certaine incompréhension du sens commun de leur vie: Monsieur aimait un peu trop les sorties du week-end avec les copains, ce que n’appréciait pas vraiment Madame. Après une séparation pour réflexion, ils se sont retrouvés, fiancés puis mariés.

Dans leur témoignage, ils ont mis l’accent sur ce que leur avaient apporté les JMJ à Rome en 2000 et à Toronto en 2002. C’est là qu’ils ont pris conscience qu’ils ne pouvaient s’appuyer sur eux seuls et que leur amour ne pouvait s’affermir que s’il était fondé dans la confiance au Christ, et vécu dans la prière et l’eucharistie. Pour eux, si le mariage n’est pas un chemin toujours aisé, dans la fidélité au Christ, il prend une couleur de vie.

Avec un charisme tout particulier, le Père Jean Emmanuel de Ena, carme, professeur d’études bibliques à l’Institut de formation aux ministères (IFM) de Fribourg, a d’abord expliqué ce que l’amour représente pour lui: non pas d’abord un sentiment, mais des actes. Aimer, c’est vouloir le bien de l’autre, lui donner du temps, a-t-il dit. C’est faire comme Dieu qui s’est entièrement donné lui-même dans son Fils. L’homme doit apprendre à aimer.

Le religieux carme a dégagé un parallèle entre la vocation religieuse et le mariage. Dans les deux cas, il est nécessaire d’accepter notre faiblesse et d’aller chercher l’amour à la source. La vocation au sacerdoce ou au mariage n’est pas un acquis, un fait donné; elle grandit comme une graine. La conviction la plus profonde dont il porte témoignage est que l’histoire avec Dieu est toujours quelque chose de vivant. Il affirme haut et fort que « Dieu s’occupe de nous chaque jour » et que « ce n’est que petit à petit que je découvre ma place dans le monde ». La rencontre personnelle avec Dieu, dans l’eucharistie et dans l’échange avec Lui, fait voir que Dieu a soif d’aimer et d’être aimé. De nombreux chants de louange ont donné à l’après-midi un rythme de réjouissance et de reconnaissance.

Comédie musicale « Oui »

Une troupe de théâtre a mis sur pied une comédie musicale, racontant l’histoire de Marie, mère de Jésus, vue sous son côté humain. C’est « Marie qui rit, qui chante, qui doute, qui pleure, qui hurle ». Haut en couleurs, avec des décors simples et lumineux, le spectacle est le fruit du travail d’une vingtaine de jeunes de la région de Bex et Aigle, aidés par Vincent Lafargue, séminariste et auteur de la pièce soutenue par la musique d’Olivier Rossel, compositeur venant du Jura.

Ces jeunes se sont mis en route il y a une année, en vue des JMJ de Sydney en 2008. Pour financer leur participation à ces JMJ, ils ont décidé de ne pas seulement « quêter » de l’argent, mais de créer un spectacle qu’ils présentent dans les églises et temples de toute la Suisse romande. Belle réussite de jeunes dont la foi est un grand « oui » à la vie, à l’image du « oui » de Marie à Dieu. A l’issue de la représentation, qui fut applaudie et bissée, pour compléter leur itinéraire de méditation, les jeunes ont poursuivi la prière durant la nuit à l’église de la Tour-de-Trême. Deux groupes ont marché aux flambeaux dans la nuit à travers le Bois de Bouleyres. JS

Encadré

Catéchèse sur l’amour avec Mgr Bernard Genoud

Les parois de la salle omnisports du CO sont couvertes de sentences tirées de la Bible: « L’amour prend patience », « L’amour ne se gonfle pas d’orgueil », « L’amour fait confiance », « L’amour supporte tout », « L’amour ne passe jamais ». Le ton est donné. Les chaussures laissées à l’étage pour ne pas endommager le sol de la salle de gymnastique – c’est comme à la mosquée, plaisante Julien Andrey, coordinateur romand du comité JMJ -, les yeux encore embués par une nuit qui fut, pour certains du moins, plutôt courte, ados et jeunes adultes sont attentifs. Ils sont rassemblés dimanche matin pour la prière des laudes, des hymnes et des chants, avant de participer à la catéchèse sur l’amour enseignée par l’évêque du lieu, Mgr Bernard Genoud.

Confectionnés dans les ateliers la veille, les morceaux d’un puzzle géant sont assemblés pendant qu’une jeune fille lit des passages bibliques sur l’amour. Quand la pièce est achevée apparaît la silhouette du Christ. Puis c’est le moment d’un sketch présenté par des membres de la Fraternité Eucharistein: un agent secret suisse doit obtenir un document qui se trouve dans les archives du Vatican, et qui concernerait le « röstigraben », ce fossé qui sépare Suisses alémaniques et Suisses romands. Après moult péripéties, il s’avère que ce document n’existe pas, mais l’agent a trouvé un document très récent du pape Benoît XVI. « Un document compromettant pour le monde et la Suisse, il proclame l’amour entre les hommes ». C’est le message du pape Benoît XVI pour les JMJ de Sydney!

Dans sa catéchèse sur l’amour, Mgr Genoud a rappelé que le désir d’aimer est tout à fait naturel, soulignant qu’il est non seulement possible d’aimer, mais que c’est même le fondement de notre existence.

Parlant de l’amour comme d’une « mutuelle satellisation de deux êtres libres », l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg a affirmé que l’amour ne sort pas de terre comme une source, « il vient d’en haut, de Dieu! »

Interrogé par les jeunes lui demandant s’il avait déjà connu l’amour, Mgr Genoud leur a rétorqué: « Oui, bien sûr. Comme prêtre, comme évêque, je ne me sens pas du tout stérile! » Et l’évêque de rappeler qu’il y a 2 types de fécondité humaine: une fécondité biologique, qui est très ponctuelle, et une fécondité psychologique, spirituelle. Comme enseignant, par exemple, il est arrivé que des jeunes en difficultés lui confient des choses qu’ils n’avaient pas pu dire à leurs propres parents. A propos du célibat des prêtres et du mariage, Mgr Genoud a insisté pour que l’on n’oppose pas sacrements du sacerdoce et sacrements du mariage: ce sont toutes les deux des vocations différentes, mais aucune n’est supérieure à l’autre.

Interrogé sur la contraception et l’avortement, l’évêque a rappelé que la sexualité est sainte, « Dieu envoie le couple vers la fécondité, la sexualité est image de la joie de Dieu ». Dans la relation sexuelle hors mariage, a-t-il insisté, on prive la génitalité de sa fonction, qui est la fécondité. « L’idéal serait d’arriver à la maîtrise de soi, les contraceptifs ne sont pas la panacée! ». Mgr Genoud a admis que si l’un des conjoints souffre d’une maladie sexuellement transmissible, la charité envers l’autre dicte l’utilisation du préservatif. « Mais attention à la banalisation de la sexualité, et le préservatif n’est pas la meilleure méthode.. » Quant à l’avortement, qui est la mise à mort d’un être innocent, c’est pour lui « un déficit d’humanité ».

S’il dit évidemment un non catégorique à l’avortement, l’évêque relève qu’il ne conçoit pas qu’une femme ait jamais avorté avec plaisir. Pour lui, la question de la culpabilité est une autre chose. Et de se demander ainsi quel est le poids de la responsabilité du copain qui l’a lâchée, des parents qui ne comprennent pas, de la société qui lui refuse du travail. Et Mgr Genoud, s’il condamne sans ambages l’interruption volontaire de grossesse, rappelle qu’il ne faut bien faire attention avant de juger les personnes.

Concernant l’Exhortation apostolique post-synodale sur l’Eucharistie que vient de publier le pape Benoît XVI, l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg a recommandé sa lecture: « C’est une méditation mystique sur l’eucharistie, une splendeur! ». Il a regretté que certains journalistes se soient précipités sur quelques passages parlant du célibat des prêtres, rappelant que selon la tradition de l’Eglise latine depuis le XVIe siècle, on n’ordonne que des célibataires, contrairement aux Eglises orientales. Et d’affirmer que dans l’Eglise, il n’y a pas et il n’y aura jamais de mariage des prêtres. « On reste dans l’état où on était auparavant quand on devient prêtre ». Il n’exclut pas par contre que selon les circonstances, des Conférences épiscopales régionales puissent demander l’ordination d’hommes mariés. JB

Des photos de la rencontre des JMJ à la Tour-de-Trême peuvent être commandées chez Jean-Claude Gadmer, tél. 079 266 23 23 (apic/js/be)

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