Rome: L’assassinat de trois chrétiens en Turquie relève de l’action de quelques fanatiques
Rome, 19 avril 2007 (Apic) L’assassinat de trois personnes en Turquie relève de l’action de quelques « fanatiques ultranationalistes », mais il ne faut pas « généraliser », a estimé le nonce apostolique en Turquie, le 19 avril. Interrogé par plusieurs médias italiens, Mgr Antonio Lucibello a établi un lien entre l’agression d’éditeurs de la maison chrétienne Zirve le 18 avril et la manifestation à Ankara, du 14 avril dernier, visant à défendre la laïcité de l’Etat turc.
« Il s’agit de cas isolés et sporadiques », a commenté le nonce apostolique en Turquie interrogé sur l’attaque faite la veille contre la maison d’édition protestante Zirve, dont trois membres ont été égorgés. Il y a en Turquie la présence de groupes bien connus, identifiés, de « fanatiques ultranationalistes », a-t-il expliqué.
« Mais je ne voudrais pas généraliser, parce que la Turquie, la société turque, ont des positions variées », a tenu à préciser Mgr Antonio Lucibello au quotidien La Stampa. « C’est une société laïque qui a d’autres objectifs ». Interrogé sur les dangers auxquels doit faire face la communauté chrétienne, le nonce apostolique a affirmé qu’il ne fallait pas généraliser. D’après le diplomate, le climat n’est pas préoccupant.
« Certaines personnes qui ont une grande expérience de ce pays m’ont dit que, malheureusement, en temps d’élections, ce genre d’épisodes était déjà survenu », a poursuivi Mgr Lucibello. « On m’a dit que lorsque la machine électorale se mettait en route, des choses étranges se passaient, comme celle d’aujourd’hui, afin d’attirer l’attention ». Les candidats ont jusqu’au 25 avril à minuit pour être candidat aux élections présidentielles, qui auront lieu en avril et en mai prochain. Le mandat du président actuel, Ahmet Necdet Sezer, s’achève le 16 mai.
Lien entre l’agression du 18 avril et une manifestation en faveur de la laïcité
Le nonce italien a aussi établi un lien entre l’agression du 18 avril et une manifestation organisée à Ankara quatre jours plus tôt. Il pense que ce pourrait être justement une réponse à cette manifestation, où des centaines de milliers de personnes ont demandé que la laïcité de l’Etat turc soit défendue.
« Nous continuerons à travailler comme nous l’avons toujours fait », a encore déclaré Mgr Lucibello au quotidien Il Messaggero, « confiants dans les autorités et dans la société ». Et d’ajouter : « nous n’avons pas peur. Je n’ai pas peur ». Pour le nonce, il n’y a donc pas de problèmes particuliers dans les rapports entre croyants de différentes religions et il n’y avait pas vraiment de signes avant-coureurs de représailles particulières. Il y a des fanatiques qui continuent à être présents en Turquie et qui, d’un moment à l’autre, apparaissent avec ces actes de violence absurde, a estimé pour sa part le vicaire apostolique pour l’Anatolie, Mgr Luigi Padovese.
« Nous sommes profondément attristés par le massacre d’hier à Malatya », a déclaré le premier ministre turc Tayyip Erdogan, mentionnant que, parmi les victimes, il y avait aussi un Allemand. « Les responsables du massacre devront être jugés et punis. Une enquête est en cours », a-t-il précisé.
Trois personnes, parmi lesquelles deux Turcs et un Allemand, ont été assassinées le 18 avril, lors de l’attaque contre la maison d’édition Zirve à Malatya, dans le sud-est de la Turquie. Trois des victimes ont été égorgées et une autre serait gravement blessée, après avoir cherché à se sauver en sautant par le balcon du troisième étage. La maison d’édition qui publiait l’Evangile et d’autres écrits chrétiens en turc, était l’objet de menaces.
Les élections présidentielles en Turquie auront lieu le moins prochain. Le climat est tendu entre ceux qui défendent la laïcité de l’Etat et ceux qui considèrent la Turquie comme un Etat musulman. (apic/imedia/ar/js)
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