Colombie: L’ELN prête à une trêve temporaire
Bogota, 22 avril 2007 (Apic) La guérilla de l’ELN se dit prête à une trêve temporaire, mais affiche ses revendications, autant de préalables, dit-elle, pour la paix.
«Il s’agit d’une expérience, d’un cessez-le-feu temporaire pour créer un environnement de paix et de participation ; si nous l’obtenons, la trêve pourra être prorogée, sinon non» a déclaré Pablo Beltrán, chef négociateur de la guérilla de l’Armée de libération nationale (Eln) à la veille de la reprise des colloques préliminaires de paix avec le gouvernement prévus à La Havane.
«Une fois que la trêve sera établie, nous pourrons nous engager vers une cessation de toutes les actions offensives, mais le gouvernement doit prendre ses responsabilités» a ajouté le représentant de l’Eln. Selon lui, le mouvement armé ne pourra tout de même pas se regrouper dans un lieu déterminé, comme le demande l’exécutif: «Si la guérilla perd sa mobilité, elle cesse d’exister».
Pour les rebelles, il est essentiel que l’agenda des colloques prévoie des «solutions aux problèmes politiques, économiques et sociaux» considérés à l’origine d’un conflit déclenché il y a plus de 40 ans et que la société civile participe aux négociations. Né en 1964 dans le sillon de la révolution cubaine de 1959, l’Eln est le second groupe de guérilla colombien et compte 6’000 combattants. La première guérilla étant celle des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), avec plus de 17’000 guérilleros.
Route de l’exil
Plus de 15’000 colombiens ont par ailleurs été obligés d’abandonner leurs maisons lors du premier trimestre de cette année, surtout des familles pauvres et celles des paysans : c’est ce que dénonce la ’Consultoría para los derechos humanos y el desplazamiento’ (Codhes, Bureau pour les droits de l’homme et les déplacés), l’une des principales organisations du pays de défense des droits de l’homme, ajoutant qu’il s’agit de l’évacuation de civils la plus grave de cette dernière décennie. Au-delà des affrontements entre l’armée et la guérilla des Farc – Forces armées révolutionnaires de Colombie – en activité depuis plus de 40 ans, cet exode est également provoqué par les campagnes de fumigation des cultures de coca, très controversées, financées par les États-Unis.
Selon la Codhes, des groupes de trafiquants de narcotiques et des paramilitaires liés à la droite déplacent leurs productions de coca pour échapper aux fumigations, causant de cette manière l’éloignement forcé des résidents et des «campesinos». Dans son rapport, l’organisation écrit que dans la ville d’El Charco (province sud-orientale de Nardino) on compte 9.000 réfugiés : «La province -lit-on plus loin – est un laboratoire de guerre dans lequel se mêlent tous les facteurs qui génèrent le conflit armé en Colombie.» Le gouvernement de l’Équateur a récemment protesté auprès de la Colombie pour la reprise des fumigations aériennes – avec l’herbicide au glyphosate, objet de polémiques – sur les plantations de coca à la frontière entre les deux pays, menaçant d’avoir recours aux instances judiciaires internationales. Selon les estimations de l’ONU, la guérilla et l’insécurité diffuse en Colombie ont provoqué au moins 3,5 millions de réfugiés et au moins 4 selon d’autres sources. (apic/misna/pr)
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