Russie: Boris Eltsine avait transformé les relations entre l’Eglise et l’Etat
Moscou, le 25 avril 2007 (Apic) Les obsèques de Boris Eltsine, qui ont lieu le 25 avril en la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, marquent les premières funérailles chrétiennes rendues à un dirigeant russe depuis celles du tsar Alexandre III, en 1894. La cathédrale, située à deux pas du Kremlin, avait été rasée sur ordre de Staline en 1931 et reconstruite durant la présidence de Boris Eltsine dans les années 90.
Le patriarche de l’Eglise orthodoxe russe, Alexis II , a rendu hommage à Boris Eltsine, premier président de la Russie, décédé le 23 avril d’un arrêt cardiaque à Moscou, pour avoir permis le renouveau religieux qu’avait connu l’ancien pays communiste pendant sa présidence.
«Dans la nouvelle Russie, à l’édification de laquelle le président défunt avait dirigé ses efforts, l’Eglise orthodoxe russe a enfin eu la possibilité de réaliser son témoignage et sa mission sans restrictions,» a écrit le patriarche dans une lettre de condoléances adressée à la veuve de l’ancien président, Naïna Eltsina. «Boris Nikolaïevitch [Eltsine] s’était efforcé de maintenir de bonnes relations entre les autorités de l’Etat et l’Eglise orthodoxe russe,» peut-on lire dans la lettre du patriarche.
Hommages des responsables d’autres religions
Les responsables des principales autres religions de Russie ont également exprimé leurs condoléances et leur respect. Dans une lettre adressée à la famille Eltsine, Berl Lazar, un des grands rabbins de Russie, s’est remémoré sa première rencontre avec Boris Eltsine, en 1991. Le premier président librement élu de la Russie avait alors promis de faire tout son possible pour rendre aux juifs les synagogues confisquées par le régime communiste.
Sheikh Ravil Gainutdine, président du Conseil des muftis de Russie, a déclaré à Interfax que les musulmans de Russie étaient reconnaissants envers Boris Eltsine pour la loi sur la religion, qui avait été adoptée durant son mandat. L’ancien président russe était cependant impopulaire auprès d’un grand nombre de Russes musulmans, en raison de la très longue guerre menée en Tchétchénie. De nombreux groupes minoritaires se plaignent par ailleurs que la «loi sur la religion» est trop restrictive.
L’archevêque Tadeusz Kondrusiewicz, leader des catholiques romains de Russie, a affirmé que quel que soit le regard porté sur les actions de Boris Eltsine par les politiciens de divers partis et coalitions, les économistes, les commentateurs et autres experts, le fait que des services religieux aient lieu chaque jour à travers le pays après plusieurs décennies d’interdiction est un témoignage vivant de l’autorité bienveillante de l’ancien président. (apic/eni/js)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse