Canada: Message du 1er mai 2007 du Comité des affaires sociales des évêques du Québec
Montréal, 26 avril 2007 (Apic) Dans son traditionnel «Message du 1er mai», à l’occasion de la fête des travailleuses et des travailleurs, le Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec relève les aspects positifs et négatifs de la révolution numérique.
De tous les changements survenus dans la vie des travailleuses et des travailleurs au cours des dernières décennies, écrivent les évêques du Québec, ceux qui sont liés à l’ordinateur sont peut-être les plus importants et ils touchent l’ensemble du monde du travail.
A l’occasion de la fête du 1er mai, le Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec propose une réflexion sur un équilibre à atteindre entre la valeur du travail humain et les nouvelles technologies. Il relève que le travail comporte une dimension humaine incontournable et si le travail lui-même ou les techniques utilisées pour l’accomplir prennent le pas sur cette visée première, «ils perdent tout leur sens et se transforment en ennemis de la dignité humaine».
Parlant de la révolution numérique, les évêques québécois et leurs collaborateurs laïcs relèvent qu’ainsi «les grands idéaux de solidarité, de fraternité et de coopération n’ont jamais eu tant d’outils à leur service»: si une catastrophe frappe une région du monde, une mobilisation universelle en faveur des sinistrés peut s’organiser en un rien de temps.
Les mauvais côtés des NTIC
Cependant, soulignent-ils, l’efficacité des nouvelles techniques d’information et de communication (NTIC) permet aussi aux spéculateurs, en moins de temps qu’il n’en faut pour étudier le bilan d’une entreprise, de faire tomber la valeur des monnaies et des actions en bourse. «De partout dans le monde, des travailleurs et des travailleuses qui croyaient à la permanence de leur emploi peuvent alors perdre soudainement leur travail, sans trop comprendre ce qui leur arrive. C’est ainsi que des outils si bien faits pour rapprocher les humains peuvent les transformer en de négligeables abstractions les uns pour les autres».
Les nouvelles technologies contribuent largement à cette situation et permettent ainsi le transfert de tâches vers d’autres pays où les coûts sont moindres. «La tentation est grande d’exploiter la main-d’oeuvre étrangère en la privant des droits lui permettant d’accéder à un travail accompli dans la dignité, qu’elle soit immigrée chez nous ou que nos compagnies s’installent chez eux». Les évêques estiment que les exigences de la concurrence, de l’innovation technologique et de la complexité des flux financiers doivent être harmonisées avec la défense du travailleur et de ses droits.
La révolution numérique provoque également une crise du sens qui est également une crise des sens, car la confiance est mise dans les instruments au risque d’émousser les sens donnés à l’humain pour son développement et sa protection. «Dans quelle mesure nous éloignent-ils aussi les uns des autres et de nous-mêmes?», s’interrogent-ils. Et de plaider pour un «nouvel art de vivre à réinventer», qui devrait permettre de maximiser les aspects positifs de la révolution numérique et de minimiser ses effets négatifs.
Pour un «jeûne médiatique»
Le Comité épiscopal plaide ainsi pour le maintien de la tradition du repos dominical, «car le dimanche constitue pour les chrétiens un temps d’arrêt, de ressourcement, de célébration de la foi, en particulier par l’Eucharistie, de rencontres nourrissantes, de re-création». Les évêques se demandent encore si, à l’exemple d’expériences en France et aux Etats-Unis, il ne faudrait pas instaurer «un jeûne médiatique», «une semaine sans télévision ni ordinateur» qui viserait à sortir du spectacle des écrans pour se rapprocher de la réalité. «Un tel exercice pourrait ramener l’attention à l’essentiel de ce qu’est la vie: les relations avec les autres, avec soi-même, avec son environnement physique et humain et avec Dieu». (apic/com/ceq/be)
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