Rome: Ignorance et usage de la Bible dans le monde
Rome, 27 avril 2007 (Apic) Rome: Ignorance et usage de la Bible dans le monde sur l’ignorance et l’usage de la Bible dans le monde, en vue du prochain Synode des évêques.
«L’homme contemporain» a «grandement besoin d’écouter Dieu et de lui parler» car «l’écoute de Dieu doit conduire à dépasser toutes les formes de violence», mais «la parole de Dieu se répand peu». C’est le constat des Lineamenta, le document préparatoire à la 12e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques qui se déroulera du 5 au 26 octobre 2008 au Vatican sur le thème: «la parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Eglise».
Ce texte de 56 pages avec son questionnaire en 20 points a été rendu public le 27 avril 2007. Le Secrétariat général du Synode lance ainsi une enquête mondiale sur la réception et l’usage de la Bible, mais aussi sur son ignorance et sur son rôle dans le dialogue interculturel et interreligieux.
Quarante ans après le concile Vatican II et le document conciliaire Dei Verbum, «pour réaliser l’esprit et la lettre du Concile sur l’usage de la Parole dans la liturgie», «un effort de renouvellement qualitatif et quantitatif est exigé», constatent les Lineamenta. Ainsi, «il faut vivement encourager la pratique de la Bible qui remonte aux origines chrétiennes», ce qui demande une «formation éclairée, patiente et permanente». Car «il faut admettre que la majorité des chrétiens n’a pas de contact effectif et personnel» avec les Ecritures. Selon le document, la nécessité se fait sentir avec urgence de connaître intégralement la foi de l’Eglise sur la parole de Dieu et le Synode d’octobre 2008 sera «éminemment pastoral».
En effet, «la Parole de Dieu demande à pénétrer dans un monde pluraliste et sécularisé pour en être le levain, dans les ’aréopages modernes’ de l’art, de la science, de la politique, de la communication» avec «une préparation adéquate pour la confrontation avec les positions d’autrui», poursuit le document.
Le document souligne aussi «les graves (.) phénomènes d’ignorance et d’incertitude de la doctrine», le «détachement de nombreux chrétiens à l’égard de la Bible, ainsi que le risque d’un usage incorrect de celle-ci», en particulier face au relativisme. «L’homme a la capacité de connaître Dieu (.). Toutefois, dans les conditions où il se trouve, de par le péché, cette connaissance est devenue obscure et incertaine et niée par beaucoup».
Multiples raisons
Selon le document, nombreux sont ceux qui n’ont jamais entendu l’Evangile, plus spécialement sur les continents africain et asiatique. Il évoque aussi ceux qui ont «oublié l’Evangile» et «ceux qui attendent cette annonce». Selon le texte, les raisons de cette ignorance sont «économiques» mais aussi dues au «manque matériel du Texte Saint, de sa traduction et de sa diffusion». Aider «les fidèles à comprendre ce qu’est la Bible, pourquoi elle existe, ce qu’elle apporte à la foi et comment l’utiliser est une exigence importante à laquelle l’Eglise a toujours répondu». Elle doit ainsi former «les communautés à une intelligence juste et fructueuse de l’Ecriture sainte».
Pour éviter «d’exposer la Parole de Dieu au subjectivisme et à l’arbitraire» ou «de la réduire à un objet de dévotion privée», il faut en promouvoir une «pastorale solide et crédible», poursuit le document. Il s’agit de «concrétiser la Bible dans les grandes actions de l’Eglise». «A notre époque, la naissance de l’esprit critique, le progrès scientifique, la division entre les chrétiens et l’engagement oecuménique qui en découle encouragent, non sans difficultés ni oppositions, une méthodologie plus juste d’approche», en particulier de l’Ancien Testament. Les premiers livres de la Bible plongent souvent dans «l’embarras», en particulier certaines pages «qui apparaissent comme difficiles, exposées à la marginalisation, aux choix arbitraires, au refus.(.) Tout ceci entraîne le besoin d’une formation urgente à la lecture chrétienne de l’Ancien testament». L’enseignement de la Bible à l’école est encouragé afin, entre autres, de développer le dialogue oecuménique et interreligieux.
Réponses avant le mois de novembre
Les évêques du monde entier, les responsables d’ordres et de familles religieuses devront répondre à des questions telles que: «L’usage de la Bible donne-t-il lieu à des conflits?»; «Est-il instrumentalisé pour fomenter des attitudes antisémites?»; «Pour quelles raisons les chrétiens recherchent-ils la bible aujourd’hui?»; «Comment est-elle accueillie dans le monde non-chrétien et parmi les hommes de culture?
Les réponses à ce questionnaire devront être remises avant novembre 2007. Elles permettront au Conseil ordinaire du Synode des évêques de structurer les thèmes dans un second document, l’Instrumentum Laboris, qui sera adopté comme ordre du jour par la 12e Assemblée générale du Synode des évêques. (apic/imedia/ar/hy/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/rome-ignorance-et-usage-de-la-bible-dans-le-monde/