Guatemala: Il y a neuf ans était assassiné l’évêque Juan José Gerardi Conedera
Guatemala, 27 avril 2007 (Apic) Il y a neuf ans, le 26 avril 1998, était assassiné dans la maison de paroisse de l’église San Sebastian, à Guatemala Ciudad, l’évêque guatémaltèque Juan José Gerardi Conedera, connu pour son engagement en faveur des droits de l’homme. La Cour constitutionnelle (CC) du Guatemala a confirmé cette semaine les peines de 20 ans de prison du commandant Disrael Lima Estrada et de son fils, le capitaine Byron Lima Oliva, ainsi que le prêtre Mario Orantes Najera, impliqués dans l’assassinat de l’évêque.
La Cour constitutionnelle confirme ainsi la décision de la Cour Suprême de Justice, qui avait elle aussi maintenu les condamnations émises par les tribunaux guatémaltèques. Mgr Gerardi a été assassiné au lendemain de sa présentation publique du rapport «Recuperacion de la Memoria Historica» (REMHI, Récupération de la mémoire historique), qui rassemble des informations sur plus de 55’000 cas d’atteintes aux droits humains commises durant le conflit armé qui a déchiré le pays entre 1960 et 1996. La responsabilité de la plupart de ces violations a été attribuée à l’armée.
Des centaines de fidèles venus des quatre coins du pays se sont rassemblés jeudi à la cathédrale pour célébrer la messe du 9e anniversaire de la mort de celui qui fut évêque auxiliaire de la capitale guatémaltèque, et qui est qualifié de «martyr de la paix». La cérémonie était présidée par le cardinal Rodolfo Quezada Toruno
«Nous nous inclinons en signe de respect et d’admiration pour un homme qui a laissé un signe indélébile et représente un exemple pour nous tous», a dit à cette occasion soeur Lucia Godoy, de la Congrégation de la Sagrada Familia. La cérémonie commémorative s’est conclue dans la crypte de la cathédrale métropolitaine, où repose l’évêque assassiné.
Les trois journées de célébrations, ayant débuté le 24 avril avec l’ouverture de la crypte où repose le corps de Mgr Gerardi, se sont conclues avec une veillée jusqu’à la paroisse de San Sebastian. A l’occasion de l’anniversaire, le Bureau des droits de l’homme de l’archevêché de Guatemala (Odha) a rappelé que l’assassinat de l’évêque est resté de fait impuni en raison de l’incapacité de la justice à identifier et sanctionner les commanditaires du crime. La justice n’a puni que les auteurs matériels.
«Complices» et non «auteurs»
En 2005 un tribunal avait réduit de 30 à 20 ans les condamnations décidées en première instance en 2001 du commandant de l’armée à la retraite Disrael Lima Estrada et de son fils, le capitaine Byron Lima Oliva, pour l’assassinat du prélat. Selon les juges, les militaires auraient seulement été les «complices» et non les «auteurs matériels» de l’assassinat, ce dont ils avaient été initialement accusés. L’Odha met notamment en cause des officiers de l’Etat major de la présidence de l’époque.
La même cour avait confirmé une peine de 20 ans de détention infligée au Père Mario Orantes, ex-secrétaire de Mgr Gerardi. Dans le dossier «Guatemala nunca mas» figurent plus de 55’000 violations des droits de l’homme perpétrées au cours des conflits intérieurs. Cette véritable guerre civile, qui a pris des allures de «génocide» contre la population indigène d’origine maya, s’est conclue avec un bilan d’au moins 200’000 victimes entre morts et «desaparecidos» (»disparus»), dont 80 % des cas ont été attribués aux forces armées gouvernementales. (apic/com/misna/be)
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