Le pape attendu mercredi à Sao Paulo

L’Eglise fait de la lutte contre la pauvreté en Amérique latine l’une de ses priorités

Sao Paulo, 9 mai 2007 (Apic) Le pape Benoît XVI est attendu dans la soirée de mercredi à Sao Paulo où il entend à l’occasion de cette visite pastorale insuffler un nouvel élan à une Eglise catholique concurrencée par la montée des évangélistes et des sectes au Brésil.

Benoît XVI posera ainsi en tant que pape pour la première fois le sol de l’Amérique latine, qu’il a surnommée le «continent de l’espérance», car elle abrite près de la moitié du milliard de catholiques dans le monde.

Durant sa visite de quatre jours, le souverain pontife ira à la rencontre des foules. Sa visite est entourée de strictes mesures de sécurité: quelque 10’000 hommes placés sous le commandement de l’armée ont été mobilisés pour l’opération «Archange». Le pape fera quelques déplacements en hélicoptère mais aussi en papamobile. Deux véhicules blindés sont arrivés la semaine dernière au Brésil, envoyés par le Vatican.

A la veille du voyage de Benoît XVI au Brésil, le cardinal Tarcisio Bertone a rappelé que l’Eglise faisait de la lutte contre la pauvreté en Amérique latine l’une de ses priorités. Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège s’est exprimé dans une longue interview accordée au mensuel italien 30 Giorni, le 8 mai 2007. Le pape s’envolera pour São Paolo le 9 mai au matin.

Avec les pauvres

«L’Eglise n’oublie pas les pauvres», a ainsi relevé le cardinal Bertone, estimant que, sans cela, «elle irait contre son fondateur, Jésus».

S’exprimant ensuite sur le pouvoir politique au Brésil et sur le fait que, ces dernières années, les élections ont été remportées par des partis de gauche, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a souligné que «si les gouvernements de gauche font quelque chose de gauche (.), s’ils se préoccupent de favoriser les classes les plus humbles, de répartir plus équitablement les terres afin qu’elles soient cultivés plus équitablement, s’ils se préoccupent d’améliorer l’assistance sanitaire et le système éducatif, s’ils s’engagent à mettre en oeuvre des politiques de l’emploi qui détournent les jeunes du trafic de drogue et freinent le phénomène de l’émigration (.), si, en somme, ils font toutes ces choses, ces gouvernements ne peuvent pas ne pas recevoir les applaudissements ainsi que la collaboration de l’Eglise».

Un problème se pose lorsque «ces gouvernements veulent exhumer des régimes anachroniques et dictatoriaux ou quand ils tombent sous l’emprise de certains courants culturels (.) qui propagent des modèles de vie toujours plus éloignés et hostiles à la tradition chrétienne et qui menacent les droits fondamentaux de la personne humaine et de l’Eglise».

Le ’numéro deux’ du Vatican a aussi salué le fait qu’il n’y ait plus, «par chance, ces féroces dictatures militaires qui ont ensanglanté le continent ces dernières décennies».

Le cardinal italien a enfin souhaité qu’il y ait toujours «un grand respect et une grande aide réciproque entre le nord et l’Amérique du sud». «Un grand pays comme les Etats-unis doit avoir un soin particulier dans ses rapports avec ses propres voisins», a-t-il ajouté. (apic/imedia/ms/pr)

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