Ils demandent de mettre fin à ce système
Varsovie, 9 mai 2007 (Apic) Les chrétiens réformés polonais déplorent la campagne menée en Pologne contre les « collaborateurs. Ils critiquent vertement cette pratique qui consiste à interdire aux personnes qui auraient collaboré avec le pouvoir à l’époque communiste de participer à la vie publique. Les réformés polonais demandent de mettre fin à un système qui, selon eux, fait plus de tort que de bien.
« Il n’y a que très peu de cas où la lustration s’est avérée un moyen efficace d’établir la responsabilité véritable de personnes qui ont fait du tort à d’autres en coopérant avec l’appareil de sécurité, » a déclaré le Synode de l’Eglise réformée dans un communiqué. « Bien plus souvent, on peut y voir un moyen pour trouver des informations utiles dans les archives, permettant ainsi de stigmatiser des personnes déterminées … De tels actes se fondent sur une fausse moralité et endommage profondément la communauté nationale dans son ensemble ».
L’ancien ministre des Affaires étrangères Bronislaw Geremek, membre dans les années 80 du syndicat Solidarnosc (Solidarité), qui s’opposait au régime communiste, a refusé de respecter la loi, la qualifiant d’ »abus » de la culture législative. Le gouvernement a menacé de le démettre de ses fonctions de député européen et, le 7 mai, l’a écarté d’une Commission consultative officielle, selon l’agence de presse polonaise PAP.
Le communiqué de l’Eglise, publié sur son site Internet, déclare que les tentatives visant à évaluer le rôle des citoyens polonais pendant la période communiste constituaient « un des plus importants dilemmes moraux ». Il souligne que ces tentatives avaient également conduit « le plus souvent à des accusations fausses ou très incertaines ».
« La lustration générale a un impact destructeur sur des groupes sociaux toujours plus grands, car elle injecte dans les âmes enclines au pharisaïsme la tentation de prouver leur innocence en lançant des accusations contre d’autres personnes, » a estimé le Synode, qui représente plus 3’000 chrétiens réformés, ou calvinistes, en Pologne.
Le communiqué a été publié alors que 700’000 Polonais se préparent à faire parvenir une déclaration indiquant s’ils ont collaboré avant le 15 mai à l’Institut du souvenir national (IPN), au risque d’être exclus de leur emploi pendant dix ans.
Le Synode de l’Eglise réformée a déclaré que la recherche de boucs émissaires « ôterait à la société toute capacité à avoir un regard critique sur elle-même, à admettre ses fautes et à assumer ses responsabilités ». « Le pardon est un choix plus difficile à faire que la condamnation et le rejet ».
Le clergé de l’Eglise catholique romaine, prédominante en Pologne, n’est pas concerné par la nouvelle loi, malgré la controverse qui a suivi l’affaire Stanislaw Wielgus, en janvier dernier. Nommé archevêque de Varsovie, puis destitué. Il avait admis avoir été en contact avec la police secrète de l’époque communiste. (apic/eni/pr)
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