Bangkok: Les mesures prises par la Thaïlande sur des médicaments déplaisent aux EU
Hongkong, 18 mai 2007 (Apic) Des leaders chrétiens asiatiques ont apporté leur soutien à des mesures prises par la Thaïlande en vue de l’émission de licences obligatoires pour des médicaments brevetés contre le sida. Cela afin de réduire leur coût en de permettre la production ou l’achat d’équivalents génériques.
« Il s’agit là d’un droit fondamental à la santé, » a déclaré à l’Agence oecuménique ENI Prawate Khid-arn, secrétaire général de la Conférence chrétienne d’Asie (CCA).
Ces dernières semaines, le ministère thaïlandais de la Santé s’était efforcé d’obtenir le soutien de la communauté internationale pour le projet gouvernemental d’acquérir des versions génériques meilleur marché de médicaments contre le sida, au moyen de licences obligatoires. Toutefois, le gouvernement des Etats-Unis et certaines entreprises pharmaceutiques ont exprimé de sérieux doutes concernant cette proposition.
« Sur les 65 millions d’habitants de la Thaïlande, 800’000 à 1’000’000 de personnes vivent avec le VIH ou le sida.
Fin avril, le bureau du Représentant américain au commerce avait déclaré placer la Thaïlande sur sa « liste de surveillance prioritaire » en raison de la détérioration de la protection des droits de propriété intellectuelle dans ce pays d’Asie du Sud-Est.
Le bureau n’avait mentionné aucun médicament nommément mais les observateurs ont affirmé que cette mesure semblait liée à la décision prise par le gouvernement de Bangkok d’émettre des licences obligatoires pour certains médicaments.
Dans une lettre, le CCA, dont le siège est à Chiang Mai, en Thaïlande, s’est montré très critique vis-à-vis de la décision des autorités américaines. « Leurs actions ne servent que les intérêts commerciaux et méprisent le droit aux soins de santé fondamentaux et à la vie, » peut-on lire.
Selon Elijah Fung, directeur du centre d’éducation sur le VIH de la cathédrale anglicane Saint-John de Hongkong, il doit y avoir un équilibre entre protection intellectuelle et droit fondamental à la santé.
L’Organisation mondiale du commerce autorise l’émission de licences obligatoires dans le cas d’une urgence nationale ou dans les cas où un but non lucratif est justifié. Le détenteur du brevet peut alors percevoir une redevance. (apic/eni/pr)
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