Berne: Visite d’Etat de la présidente chilienne Michelle Bachelet
Berne/Lausanne, 31 mai 2007 (Apic) Amnesty International (AI) exhorte la présidente chilienne Michelle Bachelet, de centre-gauche pourtant, à faire de la lutte contre l’impunité l’une de ses priorités politiques. Les régimes passent, les problèmes liés aux droits de l’homme demeurent.
La Section suisse a demandé à la présidente de la Confédération, Micheline Calmy-Rey, de mettre les droits humains à l’ordre du jour des discussions, au cours de la visite d’Etat de Michelle Bachelet le 2 juin à Berne.
La pérennité de la loi d’amnistie de 1978, les mauvais traitements dont sont victimes les Mapuches et les conditions carcérales restent des sujets de préoccupation pour Amnesty International. Si le Chili de 2007 n’a plus rien de comparable avec celui des années 70, trois domaines au moins continuent à préoccuper l’organisation de défense des droits humains.
La Section suisse d’Amnesty international a invité la présidente de la Confédération à s’entretenir avec la présidente chilienne Michelle Bachelet de plusieurs thèmes et notallemt celui touchant la pérennité de la loi d’amnistie de 1978, qui permet à de nombreux auteurs de graves violations des droits humains de vivre aujourd’hui dans l’impunité la plus totale. En 1978, le général Pinochet avait fait voter cette loi amnistiant tous les délits contre les droits humains commis entre 1973 et 1978, soit au plus fort de la répression ayant suivi le coup d’État. A ce jour, la présidente Michelle Bachelet n’a encore jamais dit publiquement si elle comptait abroger la loi ou limiter son champ d’application. Amnesty l’engage vivement à faire de la lutte contre l’impunité une des priorités de sa politique en matière de droits humains.
Discrimination et racket
Autre sujet de préoccupation pour AI: la discrimination dont est victime la communauté indigène mapuche, dont les droits sont souvent bafoués. Victimes d’intimidation, de brutalités de la part des forces de police, les indigènes sont souvent condamnés sur la base d’une loi antiterroriste datant de la dictature, dans des affaires de conflits avec des propriétaires terriens ou des entreprises forestières. Le Comité des Nations unies pour les droits de l’enfant a récemment demandé aux autorités chiliennes de s’assurer que les jeunes indigènes ne soient pas victimes de brutalités policières.
Enfin, AI demande à Michelle Bachelet d’entreprendre les réformes carcérales: « La situation souvent dramatique dans les prisons du pays, chroniquement surpeuplées et où les détenus sont régulièrement victimes de racket et de mauvais traitements, et ne peuvent obtenir les traitements médicaux dont ils ont besoin. En 2004 déjà, le Comité des Nations unies contre la torture a demandé au Chili d’assurer la conformité des conditions de détention avec les normes internationales en la matière ». (apic/com/pr)
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