Colombie: La guérilla rejette la proposition de Bogota de libérer des membres des Farcs
Bogota, 1er juin 2007 (Apic) Une partie des guérilleros emprisonnés dans les geôles colombiennes ont rejeté la proposition de libération du gouvernement du président Uribe, la qualifiant de manoeuvre visant à détourner la réalité.
« Cette manoeuvre vise seulement à détourner l’attention sur la grave crise institutionnelle provoquée par le scandale dit de la ’para-politique^’ en plus de préparer le terrain à l’impunité pour les délits commis par les hautes charges de l’État ». Dans une note diffusée sur internet, citée par Misna, un groupe de guérilleros détenus dans plusieurs prisons colombiennes ont rejeté la proposition unilatérale du président Alvaro Uribe de libérer le 7 juin prochain, entre 300 et 400 membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Ces derniers doivent cependant s’acquitter d’une promesse de ne pas rejoindre les forces révolutionnaires une fois libérés.
La décision de libérer certains prisonniers a pour objectif la libération de 56 otages, dont l’ex-candidate présidentielle Ingrid Betancourt détenus par les Farcs. « Nous ne sommes pas disposés à négocier les principes (…) la seule façon concrète (pour réaliser l’accord dit humanitaire) est l’échange de prisonniers qui peut être aussi un point de départ pour entreprendre le chemin vers la paix et la justice sociale » ajoutent les guérilleros.
Ces derniers jours, les responsables des Farcs avaient déjà rejeté la proposition d’Uribe, la qualifiant de « farce » pour cacher le scandale de la ’para-politique’ sur les collusions entre hommes politiques et paramilitaires d’extrême droite qui a déjà conduit en prison 13 députés de la coalition de la majorité.
Dans l’attente des explications gouvernementales
Les chefs des Farcs insistent sur la demande de démilitarisation de deux communes du sud-ouest du pays comme condition préalable pour ensuite procéder à l’échange de prisonniers, une option que le président a toujours refusé.
Le gouvernement a toutefois l’intention d’avancer unilatéralement comme l’a confirmé hier le ministre de l’Intérieur et de la Justice, Carlos Holguín, d’après qui au moins un millier de guérilleros détenus aurait répondu positivement à la décision d’Uribe. Le président a annoncé que dans les prochains jours il expliquera en détail quelles sont les « raisons d’État » l’ayant poussé à lancer cette initiative.
Selon le quotidien « El Tiempo », Uribe « a l’intention de prouver à l’Europe, aux États-Unis et au pays que si l’objectif de la guérilla est d’obtenir une zone démilitarisée, celui du gouvernement est la libération des otages politiques qui est vitale ». (apic/misna/pr)
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