L’armée incendie des centaines de maisons

Centrafrique: Les évêques lancent un appel pour la fin des violences

Rome, 5 juin 2007 (Apic) Les évêques de Centrafrique ont lancé un appel aux autorités de Bangui pour mettre fin aux violences dans le pays. Au terme de leur visite Ad Limina au Vatican, le 2 juin, ils ont demandé aux autorités centrafricaines de « revenir à un état de paix et de sécurité ».

L’appel des évêques de Centrafrique aux autorités de Bangui, confié à l’agence I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome, survient alors que l’armée centrafricaine a incendié des centaines de maisons dans l’extrême nord-ouest du pays, suite au meurtre d’un sous-préfet par les forces rebelles. Faisant part de leur consternation devant les violences déclenchées par « les forces rebelles et gouvernementales », les évêques de Centrafrique ont invité les deux parties à reprendre le dialogue pour trouver une issue pacifique. Mgr François-Xavier Yombandje, évêque de Bossangoa et président de la Conférence épiscopale centrafricaine a souhaité « interpeller les uns et les autres, notamment les protagonistes qui sèment la désolation et la mort dans notre pays sous les formes les plus inacceptables ». Il leur a demandé de mettre fin à ces actions « destructrices.

Nombre « inacceptable » de morts

« Nous interpellons aussi vivement les autorités de notre pays », a également lancé Mgr Yombandje, dénonçant « l’insécurité galopante », « la paix qui tarde à venir » et « les morts en nombre inacceptable ». Le président de l’épiscopat a souhaité que le pays commence à revivre après cette décennie « terrible ».Enfin, les évêques ont invité « tous les hommes de bonne volonté et les associations internationales à donner leur contribution pour convaincre les autorités du pays de chercher une voie pacifique afin d’arrêter cette spirale de violence ».20’000 personnes en fuite.

Selon l’agence catholique Misna, environ 20 000 personnes ont fui ces derniers jours la zone de Ngaoundaye, petit village du nord de la République Centrafricaine, près de la frontière avec le Tchad et le Cameroun, après une série de violences perpétrées par la rébellion ainsi que par l’armée. Les tensions auraient débuté le 30 mai dernier, lorsque des rebelles ont fait irruption dans le village, tuant le sous-préfet de la zone de Ngaoundaye qui s’était exprimé publiquement quelques jours plus tôt en faveur de l’armée.

Les rebelles auraient alors procédé à une exécution publique. Le lendemain, après avoir accusé les habitants du village de Ngaoundaye de collaborationnisme avec les rebelles, l’armée a incendié toutes les maisons après les avoir saccagées une à une. L’insécurité persistante dans le pays a fait de nombreuses victimes et plus de 280 000 déplacés dans la population civile, selon l’ONU et les différentes ONG.

En recevant au Vatican les évêques de la République centrafricaine en visite Ad Limina, le 1er juin 2007, Benoît XVI a souhaité que, dans un monde « en mutation profonde », le continent africain ne soit pas oublié. Il a aussi noté « le contexte difficile » dans lequel les prélats de Centrafrique accomplissent leur mission. (apic/imedia/ami/vb)

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