Philippines: Prêtre italien enlevé par les rebelles du MILF
Manilles, 10 juin 2007 (Apic) Le père Giancarlo Bossi, 57 ans, de nationalité italienne, a été enlevé dimanche dans le sud des Philippines. La région est soumise à la lutte des mouvements rebelles musulmans.
L’ecclésiastique s’apprêtait à célébrer la messe, dimanche. Il a été kidnappé par une dizaine d’individus près du village de Bulawan dans la province Zamboanga Sibugay. Selon la police locale, le principal suspect serait Aka Kedie, un des responsables du Front Moro islamique de libération (MILF), principal mouvement rebelle du sud des Philippines.
Ce n’est pas la première fois qu’un prêtre italien est enlevé aux Philippines. En octobre 2001, le père Giuseppe Pierantoni, avait été fait prisonnier par un groupe dissident du MILF. Il avait été libéré six mois après.
En avril dernier, les rebelles islamistes d’Abu Sayyaf avaient décapité sept chrétiens qu’ils avaient auparavant enlevés, sur l’Ile de Jolo aux Philippines. Le 1er avril dernier un jeune missionnaire de la Société du Verbe divin qui oeuvrait dans un village du Nord des Philippines avait été assassiné, alors qu’il s’apprêtait à entrer dans une école primaire pour y dire la messe.
En mars dernier, le Conseil national des Eglises des Philippines (NCCP) avait invité les autorités à se pencher sur la «culture de l’impunité» dans le pays. Le gouvernement et l’armée, étaient accusés de laisser perpétrer des exécutions sommaires. Un «Rapport oecuménique su les droits de la personne aux Philippines» avait alors été publié faisant état d’assassinats non élucidés de pasteurs, de prêtres et d’autres collaborateurs d’Eglise, notamment celui, le 3 octobre 2006, de Mgr Alberto Ramento. Cet évêque de la ville de Tarlac, président du Conseil d’administration du Workers’ Assistance Center (WAC, Centre d’assistance aux travailleurs) et militant pour les droits des travailleurs, avait été retrouvé poignardé dans son église.
833 personnes ont ainsi été tuées depuis l’arrivée au pouvoir en 2001 de la présidente Gloria Macapagal-Arroyo, en toute impunité. Le rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies, Philip Alston avait récemment déclaré: «Un nombre important de meurtres a été attribué avec certitude aux militaires». Le chef des forces armées, le général Hermogenes Esperon, a soutenu que les assassinats de militants étaient dus à des «purges internes» au sein d’organisations de gauche.
Pays à grande majorité catholique (83 %), les Philippines comptent aussi près de 9 % de protestants, un peu plus de 5 % de musulmans et 3 % de bouddhistes. (apic/ag/arch/pr)
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