Nouvelle orientation de l’Eglise en matière d’accès à l’éducation

Inde: Les écoles catholiques de l’Inde souhaitent faire de la place aux dalits

New Delhi, 10 juin 2007 (Apic) L’Eglise catholique de l’Inde entend donner une plus grande priorité aux groupes marginalisés tels que les dalits, aux peuples dits «tribaux» et aux pauvres lors de l’admission à son vaste réseau de près de 15’000 institutions d’éducation.

«Nous favoriserons désormais en particulier les enfants issus de groupes marginalisés et leur garantissons une éducation de qualité et utile … afin qu’ils puissent prendre leur place au sein de la société,» peut-on lire dans la «Politique de l’éducation catholique de toute l’Inde 2007», un document rendu public récemment New Delhi, capitale fédérale de l’Inde.

Cette mesure a été bien accueillie par certains catholiques. Les parents qui envoient leurs enfants dans des écoles catholiques estiment cependant qu’elle met la pression sur des écoles et universités recherchées et accusées de refuser d’admettre des catholiques pauvres et d’autres étudiants.

L’Inde ne pourra pas devenir un pays développé», sans l’accès à l’éducation des marginalisés, a déclaré le cardinal Telesphore Toppo, président de la Conférence épiscopale de l’Inde, qui a publié les détails de la nouvelle politique éducationnelle de l’Eglise catholique.

Les dalits, hors-caste considérés comme intouchables, et les peuples tribaux opprimés, qui représentent plus du quart du 1,1 milliard d’habitants de l’Inde, restent les éléments les plus défavorisés de la société dans le deuxième pays le plus peuplé du monde.

Au nom du prestige, certaines institutions catholiques ont été accusées de refuser l’accès à des dalits et à des représentants de populations tribales marginalisés, en raison de pressions provenant de groupes considérés comme l’élite de la société, qui montrent une préférence pour les institutions de l’Eglise, connues pour la qualité de leur enseignement et leur discipline.

Difficile objectif

La nouvelle politique de l’Eglise en la matière fait suite à celle qui avait été adoptée en 2006, lors d’une assemblée de 160 évêques indiens, réunis pour discuter de la question de l’éducation catholique et des préoccupations de l’Eglise vis-à-vis des marginalisés, indique l’Agence oecuménique ENI.

Selon cette politique, «aucun enfant catholique, dalit, représentant d’une population tribale ou autre ne saurait être privé d’une éducation de qualité en raison d’un manque de moyens. Nous choisissons cette option préférentielle même si, au cours du processus, les résultats académiques en pâtissent.»

Toutefois, même les responsables de l’Eglise admettent que l’objectif fixé sera dur à atteindre pour les 14’539 institutions d’éducation, auxquelles sont inscrits sept millions d’étudiants.

«Il ne fait aucun doute qu’il y a un problème, en particulier dans les zones urbaines. Certaines de nos prestigieuses institutions ne donnent pas de préférence particulière aux marginalisés,» a affirmé à ENI Mgr Felix Toppo, évêque de Jamshedpur, dans l’est de l’Inde.

Une enquete approfondie portant sur les institutions d’éducation indiennes indique que plus de 70% des étudiants inscrits dans ces établissements, y compris dans les 13’000 écoles, proviennent de familles pauvres et que 72% de ces étudiants ne sont pas chrétiens. (apic/eni/pr)

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