Personne n’a envie de voir mourir Radio Cité, déclare G. Sapey

Genève: Grave crise de trésorerie à Radio Cité, la radio d’inspiration chrétienne à Genève

Genève, 15 juin 2007 (Apic) Radio Cité, la seule radio associative sur Genève et la seule radio généraliste genevoise, est en proie à de graves difficultés financières. 300’000 francs manquent cette année à la trésorerie de la radio d’inspiration chrétienne, dont 150’000 francs de dettes provenant de l’exercice écoulé. Mais Gérald Sapey, son directeur ad interim, a bon espoir de sortir de l’ornière. Il fait appel à la générosité des Genevois pour sauver cette radio originale née en 1984.

« Personne n’a envie de voir mourir Radio Cité, la radio d’inspiration chrétienne, oecuménique et humaniste », a déclaré vendredi à l’agence Apic Gérald Sapey, ancien directeur de la Radio suisse romande. Il a repris ad interim la gestion de la radio chrétienne non commerciale après le départ de son président et directeur Jean-Claude Genecand, décédé en février 2006. « A la mort de J.-C. Genecand, il y a eu un certain flottement dans la reprise de la gestion comptable. », admet G. Sapey. Sans qu’il n’y ait eu une quelconque malversation.

L’association Radio Cité reconnaît les liens qui l’unissent aux trois Eglises fondatrices. Elle a reçu mandat en 1983 du Conseil exécutif de l’Eglise protestante de Genève, du Conseil exécutif de l’Eglise catholique romaine à Genève, du Synode cantonal de l’Eglise catholique-chrétienne de Genève de diffuser un programme local de radio dans la région genevoise. La radio devait le faire conformément aux termes de la concession octroyée le 23 juin 1983 par le Conseil fédéral et renouvelée en 1994.

Sur un budget d’environ 800’000 francs, les Eglises fournissent actuellement moins de 100’000 francs, relève-t-il. Outre les 300’000 francs octroyés au titre de la redevance, et la participation des Eglises, les ressources sont assurées par des dons, des parrainages d’émissions et des partenariats.

Pas une voix institutionnelle

Rapidement, la radio genevoise a voulu être une voix chrétienne sans être une voix institutionnelle. Les Eglises n’ont en effet jamais dirigé ni vérifié le contenu des émissions. Radio Cité compte actuellement 12 employés salariés, en partie à temps partiel, et quelque 80 collaborateurs, dont des animateurs et chroniqueurs bénévoles, et des demandeurs d’emploi en occupation temporaire, placés par l’Office Cantonal de l’Emploi.

Alors que la Ville de Genève s’était engagée à soutenir financièrement la radio chrétienne, le Conseil d’Etat genevois a refusé d’accorder une aide, arguant du manque de base légale pour le faire. Ce refus augmente les soucis de la radio locale genevoise, car les salaires de juin n’ont pas été payés.

Au niveau de l’auditoire, précise G. Sapey, outre les 12’000 auditeurs quotidiens dans le bassin genevois – soit un rayon qui va de Genève à Rolle – il faut également savoir que Radio Cité peut être entendue jusqu’à Lausanne et du côté français, presque jusqu’à Chamonix. Le directeur ad interim estime que tout n’est pas perdu: « Nous nous appliquons à trouver des solutions, continuer à solliciter des aides et à faire appel à la générosité des Genevois. Nous avons grand espoir de sauver cette radio ». JB

Encadré

Pas de rupture avec les Eglises, mais pas la voix officielle des Eglises

Fondée en 1984 par les trois Eglises reconnues du canton de Genève, Radio Cité a déjà traversé bien des vicissitudes. C’est le pasteur André Laporte qui, en 1981, a proposé aux trois Eglises reconnues à Genève de présenter une demande de concession à l’autorité fédérale. Celle-ci reçut 294 candidatures, dont 19 à Genève. Une seule, dans tout le pays, émanait des Eglises. On lui attribua l’une des deux concessions du canton.

Une équipe de professionnels fut constituée et Radio Cité commença à émettre en mai 1984. L’expérience s’avéra vite trop coûteuse et fut interrompue en septembre 1985. Une courageuse équipe refusa de signer le certificat de décès et demanda une prolongation de la concession à Berne. C’est ainsi que Radio Cité ressuscita le jour de Pâques 1987. En s’appuyant, cette fois-ci, essentiellement sur le bénévolat. Il y eut bien d’autres épisodes et, des milliers d’heures d’émission plus tard, Radio Cité est toujours sur les ondes.

La radio reçoit un soutien du « Club 500+ », soit des personnes qui s’engagent à verser au minimum 500 francs par an et à promouvoir Radio Cité dans le cercle de leurs amis et connaissances. Les Eglises n’ont jamais ni dirigé ni vérifié le contenu des émissions et nombre de celles-ci n’ont pas de coloration religieuse. Radio Cité est d’inspiration chrétienne et humaniste, elle accorde un temps d’antenne privilégié aux Eglises, mais donne également la parole aux juifs, aux musulmans et à d’autres courants sociaux ou philosophiques. Il n’y a pas eu rupture avec les Eglises, mais une clarification quant à l’autonomie de Radio Cité, qui maintient cependant une relation privilégiée avec elles. (apic/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/geneve-grave-crise-de-tresorerie-a-radio-cite-la-radio-d-inspiration-chretienne-a-geneve/