Le Saint-Siège sensible à la politique du chef de l’Etat français

France: Lettre de Nicolas Sarkozy à Benoît XVI

Paris, 22 juin 2007 (Apic) Le Saint-Siège ne semble pas mécontent de l’élection de Nicolas Sarkozy. Entre Rome et Paris s’est instaurée depuis une véritable « lune de miel ». Preuve en est, au-delà des déclarations élogieuses des cardinaux Tauran et Bertone: la lettre écrite au pape par le président français nouvellement élu. Une longue lettre, révèle le quotidien français « La Croix », qui aurait eu connaissance de son contenu.

Aux yeux de « La Croix », cette longue lettre au « contenu substantiel » « est un signe de plus », pour le Saint-Siège, « de l’ouverture du nouveau chef de l’État aux problèmes religieux ».

Spéculation ou simple déduction de ce bon voisinage: il est probable, écrit « La Croix », que le nouveau chef de l’État français se rende rapidement en visite officielle au Vatican. « S’il est encore trop tôt pour en connaître la date, le souhait de Paris est de consacrer autant que possible ce déplacement au seul Saint-Siège, sans le lier à une visite aux autorités italiennes comme le font beaucoup d’autres chefs ».

Que le pape écrive pour féliciter un nouveau chef d’État, rien de plus banal dans les usages diplomatiques du Saint-Siège. Mais, ajoute le quotidien catholique, que le récipiendaire, en l’occurrence Nicolas Sarkozy, lui réponde sous la forme d’une lettre substantielle et longue – dont La Croix a eu connaissance – est chose plus rare. Surtout venant de la France, pays qui, aux yeux de Rome, fait souvent montre d’une laïcité trop raide ». Selon « La Croix », Benoît XVI y a été très sensible, au point de s’en féliciter ouvertement samedi devant l’archevêque orthodoxe Chrysostomos II de Chypre.

C’est ainsi, confirme-t-on à Paris, que le nouveau président de la République française parle, dans sa lettre, des otages et fait mention du sort d’Ingrid Bétancourt, qu’il a recommandée à l’attention du pape, et aussi des autres otages, aux Philippines et dans le monde.

Message reçu cinq sur cinq

Requête entendue, constate l’auteur de l’article, Isabelle de Gaulmyn, puisque le pape, lors de l’Angélus du 10 juin, déclare: « On me demande malheureusement souvent d’intervenir en faveur de personnes, parmi elles également des prêtres, enlevées pour diverses raisons et dans diverses parties du monde (.). Je les porte toutes dans mon coeur et dans ma prière, en pensant, entre autres, au cas douloureux de la Colombie ».

Toujours selon l’auteur, Benoît XVI se serait également montré sensible à l’inquiétude manifestée par Nicolas Sarkozy à propos des minorités chrétiennes persécutées dans le monde.

Ce nouveau climat de la part du pays responsable, aux yeux du Vatican, de la suppression de la mention des « racines chrétiennes de l’Europe » dans le débat sur la Constitution européenne, est donc bien accueilli à Rome. Nicolas Sarkozy, alors candidat, à confiait à l’hebdomadaire Famille chrétienne, que le christianisme « participe de manière essentielle à l’identité nationale ». Un bon point pour le candidat Sarkozy aux yeux de Rome.

Et une satisfaction aussitôt exprimée au lendemain du second tour des présidentielles: le cardinal Jean-Louis Tauran se réjouissait, dans un entretien accordé au quotidien de la conférence des évêques italiens l’ »Avvenire » de la « position extraordinairement ouverte de M. Sarkozy sur le thème des religions ».

« Une bonne chose »

Une autre preuve de la satisfaction de Rome après le choix des Français, aux yeux de « La Croix » et des observateurs en place au Vatican, a été donnée mercredi par le cardinal Tarcisio Bertone. Le secrétaire d’État n’emballait pas ses mots pour se féliciter des voyages de Nicolas Sarkozy en Europe et des changements de la position de la France par rapport aux racines chrétiennes de l’Europe: « Nicolas Sarkozy s’est déplacé un peu partout en Europe, et je vois que la France aussi est en train de changer ses orientations et ses positions sur ce thème, disait le bras droit du pape. C’est une bonne chose, car une saine laïcité peut aussi être parfaitement compatible avec la reconnaissance de ses racines, de ses origines chrétiennes et de sa propre identité chrétienne ».

Selon « La Croix », la réponse de Nicolas Sarkozy à Benoît XVI ne semble cependant pas faire mention des racines chrétiennes, mais évoquerait plus largement la spiritualité en Europe. (apic/cx/idg/pr)

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